Meher Hajbi
31 Juillet 2020•Mise à jour: 17 Août 2020
AA - Washington
L'administration américaine a inclus, vendredi, une entité gouvernementale chinoise et deux fonctionnaires sur sa liste de sanctions, en raison de leur rôle dans la violation des droits des musulmans ouïghours dans la région du Turkestan oriental.
Dans un communiqué rendu public, le Trésor américain a fait savoir que l'entité gouvernementale et les deux responsables sont impliqués dans les arrestations massives et les violentes agressions physiques ayant affecté les Ouïghours au Turkestan oriental.
En effet, l'entité gouvernementale n’est autre que “le Corps de production et de construction du Turkestan oriental” et les deux responsables sont Sun Jinlong, un ancien fonctionnaire et Ping Jiarui, un des administrateurs.
Le secrétaire du Trésor américain, Steven Mnuchin a souligné que son pays était déterminé à tenir pour responsable les violateurs des droits de l'homme au Turkestan oriental et dans tout le pays.
C'est la deuxième fois en un mois que le département du Trésor des États-Unis impose des sanctions à des entités et des responsables chinois, sur fond de violations contre les Ouïghours.
L'opinion publique internationale a fortement critiqué, ces dernières années, les violations de l'identité et de la culture des Turcs ouïghours par le régime chinois.
Selon les données des Nations Unies (ONU), au moins 1 million de Turcs ouïghours sont regroupés contre leur consentement dans des camps que Pékin nomme «centres de formation professionnelle» mais que communauté internationale reconnaît comme étant des «camps de rééducation».
L'administration de Pékin ne fournit aucune information sur le nombre de ces camps dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, ni sur le nombre des personnes qui ont pu retourner à une vie sociale.
Le fait que la Chine ne partage pas de données claires sur le statut des camps, qu'elle prétend offrir une éducation en langue chinoise et des cours professionnels et culturels aux Ouïghours musulmans vivant dans la région, inquiète vivement le public international.
Alors que l'ONU et d'autres organisations internationales réitèrent leurs appels à l'ouverture d’une enquête sur ces camps, la Chine a jusqu'à présent permis à certains diplomates étrangers et membres de la presse de les visiter partiellement.
Par contre, les autorités chinoises refusent de laisser les responsables de l'ONU inspecter librement la zone pour obtenir des informations directes.