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17 Novembre 2022•Mise à jour: 17 Novembre 2022
AA / Sharm El Sheikh, Egypte / Nour Abdel Fattah
L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a exprimé son inquiétude face à l'aggravation de la crise hydrique au Moyen-Orient qui, selon elle, menace la sécurité alimentaire de la région.
La FAO participe à la Conférence COP27 à Sharm El-Sheikh, dans l'est de l'Egypte, qui a débuté le 6 novembre et se poursuivra jusqu'au 18 novembre.
L'alimentation est l'un des secteurs les plus touchés par les conséquences du changement climatique, selon Jean-Marc Faures, chercheur en agronomie et spécialiste de la gestion des ressources en eau à la FAO.
Dans une interview accordée à l'Agence Anadolu en marge de la COP27, Jean-Marc Faures a déclaré que "l'eau est le problème numéro un dans le monde et notamment au Moyen-Orient".
"La réponse à tous les problèmes agricoles, c'est évidemment l'eau !" a-t-il ajouté.
"La région du Moyen-Orient est naturellement victime d'un manque d'eau, si nous ajoutons à cela les changements climatiques, les ressources en eau, déjà rares, seront grandement affectées", précise Faures.
Selon lui, "le Moyen-Orient ne manque pas d'eau potable, mais d'eau pour produire de la nourriture."
Expliquant l'impact du changement climatique sur l'eau et l'agriculture, le spécialiste de la gestion des ressources en eau a déclaré : "Les agriculteurs dépendent du climat pour leurs activités, maintenant que le climat a changé, les agriculteurs sont affectés", ajoutant : "Les agriculteurs se demandent s'ils peuvent encore développer les mêmes cultures, ou si elles seront détruites par la hausse des températures".
Et Jean-Marc Faures de poursuivre : "Le changement au niveau des précipitations, de leurs schémas et de leurs volumes, et les sécheresses plus longues, affectent l'irrigation des cultures. Il existe des estimations indiquant que le changement climatique modifiera le volume de pluie nécessaire à l'irrigation."
S'agissant des mesures prises par la FAO pour faire face à la crise hydrique et à ses conséquences sur la production agricole, Faures a déclaré : "La question la plus importante est celle de l'énergie propre".
L’expert onusien a évoqué un certain nombre d'institutions internationales qui ont été créées pour faire face à la crise des ressources en eau par le biais d'une action coopérative.
Il a souligné que de nombreuses institutions traitent des questions liées à l'eau dans la région, notamment le Centre international de recherche agricole dans les zones sèches (ICARDA), le Centre International pour l'Agriculture Biosaline - ICBA et l'Institut international de gestion des eaux (IWMI).
Selon Jean-Marc Faures, la FAO a lancé l'Initiative sur la pénurie d'eau dans le but de mettre en place une coopération conjointe pour que "les mêmes projets soient réalisés de manière coordonnée et harmonieuse".
Il a expliqué que "grâce à un événement de grande ampleur comme la COP27, des réunions sont organisées avec des institutions travaillant dans le domaine de l'eau et de l'agriculture."
"A travers ces rencontres, nous échangeons des visions, partageons nos recherches, et mettons en lumière notre travail et nos projets sur le terrain", a-t-il ajouté.
Et de conclure : "À toutes les étapes de notre travail, l'eau occupe toujours une place importante dans notre agenda."
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj