AA/Genève/Fatih Erel
Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCR), Zayd Raad al-Hussein a annoncé, vendredi, que six mille migrants clandestins des musulmans Rohingyas arakanais et bengalais, sont encore bloqués en mer au sud-est de l’Asie, et a ajouté qu’il était «sidéré» de voir les autorités thaï, indonésiennes et malaisiennes pousser ainsi ces immigrants vers l’océan où ils font face à la mort.
Dans un communiqué publié vendredi, Al-Hussain a appelé les pays de l’Asie de l’Est à «prendre rapidement des décisions concernant les questions de l’immigration et des passeurs. Problème qui a coûté la vie à un grand nombre de migrants dans le sud-est de l’Asie.»
Le responsable onusien a rappelé que l’Indonésie et la Malaisie ont pour politique de laisser les barques de clandestins en mer.
«Le gouvernement du Myanmar viole les droits de l’homme à l’encontre des musulmans de l’État d'Arakan. De ce fait, aussi dangereuse qu’elle soit, l’immigration clandestine par voie marine persistera tant que le problème de la citoyenneté des musulmans rohingyas et de la discrimination institutionnelle à leur égard n’a pas été résolu».
Les rapports du Haut-commissariat indiquent que 920 immigrants illégaux, dont la plupart sont des musulmans rohingyas, ont péri dans le Golfe du Bengale entre septembre 2014 et mars 2015.
Par ailleurs, le porte-parole de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), Leonard Doyle, a annoncé que son organisation "a débloqué un million de dollars d'aides humanitaires aux 6000 migrants bloqués sur leurs barques en haute mer face aux côtes indonésiennes, thaïs et malaisiennes".
Des bateaux transportant plus de 1500 migrants clandestins de musulmans Rohingyas et du Bangladesh, sont précédemment parvenus aux côtes de la Malaisie et de l’Indonésie. Une embarcation avec à son bord plus de 400 musulmans Rohingyas fuyant le Myanmar est parvenue à accoster à l’ouest de l'Indonésie. Et plus d’un millier de clandestins ont atteint les côtes de l'île malaisienne de Langkawi.
L’Organisation des Nations Unies considère la minorité musulmane Rohingya, dont la plupart réside dans l’ouest du Myanmar, comme le peuple le plus persécuté au monde. Ils se voient refuser les droits à la citoyenneté et doivent faire face à de fréquentes violences et discriminations ethniques, forçant plusieurs d’entre eux à fuir vers les pays voisins.
Au milieu de l’année 2012, des émeutiers bouddhistes ont pris d’assaut le village où vivaient des Rohingya près de la capitale provinciale de l’Etat de Rakhine, Sittwe, brûlant tout sur leur passage et lynchant de nombreux habitants Rohingyas.
La violence s’est alors propagée à travers l’Etat pour finalement atteindre la région centrale du Myanmar causant le déplacement d’environ 140. 000 personnes, pour la majorité des Rohingyas, maintenant relégués dans des camps infestés de maladies, sous un système apparenté à l'Apartheid.