Bilal Müftüoğlu
07 Décembre 2015•Mise à jour: 08 Décembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les pays développés ont été épinglés par l'OCDE pour la quasi-absence des prix spéciaux pour les émissions de CO2 alors que les négociations se poursuivent à la Conférence de Paris sur le climat (COP21) sur la tarification du carbone.
Dans son nouveau rapport intitulé "Effective Carbon Rates in the OECD and Selected Partner Economies", l'OCDE a révélé que 90% des émissions de CO2 provenant de la consommation d’énergie ont un prix inférieur à 30 euros par tonne dans 41 pays faisant partie de l'étude.
La révélation est d'autant plus inquiétante dès lors que ces 41 pays, 34 Etats membres de l'OCDE et ses 7 partenaires économiques, dont la Russie, le Brésil et la Chine, émettent 80% des émissions globales.
Le rapport a aussi mis en avant que 60% des émissions de CO2 dans ces 41 pays ne sont pas soumis à un taux effectif (TEC), c'est-à-dire sans aucune tarification spéciale. En dehors du transport routier, ce taux atteint encore 70% des émissions totales.
"Nous devons mettre en place un prix effectif sur le carbone si notre objectif est de s’attaquer au changement climatique. Malheureusement, le principe du pollueur-payeur fait terriblement défaut", a regretté le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, lors de la publication du rapport.
La publication du rapport survient alors que la communauté internationale est en pleine négociation à la COP21 pour parvenir à un accord sur la tarification du carbone. Le jour de l'inauguration du sommet lundi dernier, les chefs d'Etat français, allemand, mexicain, canadien et chilien ont mené une conférence spéciale consacrée à la transition à des économies "décarbonées".
L'accord de Paris, dont une ébauche a été rendue publique samedi dernier, appelle pour le moment les pays à "mettre en œuvre et améliorer où c'est nécessaire le prix des émissions de gaz à effet de serre".
En revanche, plus de 500 institutions, représentant un actif de 3,4 trillions de dollars, s'étaient engagés la semaine dernière, en marge de la COP21, à "désinvestir" les projets faisant recours au carbone. Ces institutions incluent des administrations locales comme la région d'Ile-de-France ou les villes de Bordeaux et Lille en France, mais aussi des sociétés d'assurance et d'investissement, à l'instar de l'Allemande Allianz et la Néerlandaise PFZW.