AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La France a multiplié ce lundi les mises en garde sur le nucléaire, accusant la Russie de « dévoyer » la dissuasion, appelant l’Iran à renoncer à l’arme atomique et exhortant la Corée du Nord à abandonner ses programmes, lors de la conférence d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) à New York.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé que la Russie menait une politique remettant en cause la vocation « strictement défensive » de la dissuasion nucléaire, appelant Moscou à un « changement radical » de posture.
Il a également appelé la Chine à davantage de transparence face à sa montée en puissance stratégique, dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux.
S’agissant de l’Iran, Jean-Noël Barrot a affirmé que Téhéran « a franchi toutes les lignes rouges » fixées ces dernières années et doit renoncer définitivement à l’arme nucléaire, tout en se conformant à ses obligations internationales.
Le chef de la diplomatie française a insisté sur le fait qu’« aucune solution militaire » ne permettrait de régler durablement le dossier iranien, plaidant pour un encadrement strict reposant sur un régime de vérification « intrusif et complet ».
Dans le même temps, il a appelé la Corée du Nord à abandonner « de manière complète, vérifiable et irréversible » ses programmes nucléaire et balistique, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Paris a par ailleurs mis en garde contre un risque de prolifération nucléaire « jamais aussi élevé », dans un contexte de tensions accrues entre puissances.
La France a également défendu les usages civils de l’énergie nucléaire, présentés comme un levier de « souveraineté » et de « résilience », notamment dans les domaines énergétique et médical.
Elle a insisté sur le rôle central de l’Agence internationale de l'énergie atomique (organisme international chargé de vérifier le caractère pacifique des programmes nucléaires), appelant à renforcer ses moyens pour garantir l’efficacité des mécanismes de contrôle.
Entré en vigueur en 1970, le Traité de non-prolifération (TNP) repose sur trois piliers : le désarmement, la non-prolifération et l’accès aux usages pacifiques du nucléaire. Considéré par Paris comme la « clé de voûte » de la sécurité internationale, il est aujourd’hui fragilisé par la montée des rivalités stratégiques.
Dans ce contexte, la France a réaffirmé sa volonté de défendre ce cadre multilatéral face aux « bouleversements » du contexte international, alors que les équilibres nucléaires apparaissent de plus en plus contestés.