Politique, Monde

Nouvelle-Calédonie : Lecornu appelle à éviter une « motion de mépris » à l’Assemblée

- Le Premier ministre français défend l’examen du texte constitutionnel et alerte contre un rejet sans débat, jugé dangereux pour le processus politique

Ümit Dönmez  | 01.04.2026 - Mıse À Jour : 01.04.2026
Nouvelle-Calédonie : Lecornu appelle à éviter une « motion de mépris » à l’Assemblée

Ile-de-France

AA / Paris / Ümit Dönmez

​​​​​​La pression politique s’accentue autour du projet de révision constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, alors que l’exécutif tente d’éviter un rejet immédiat du texte à l’Assemblée nationale.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Sébastien Lecornu a défendu la nécessité d’un débat parlementaire, indiquant avoir réuni à Matignon plusieurs signataires de l’accord de Bougival, « indépendantistes et non-indépendantistes », présents à Paris. Il a affirmé que « la porte du gouvernement demeure ouverte pour l'ensemble des acteurs qui le souhaitent et le demandent ».

Le chef du gouvernement français a également insisté sur la continuité de l’État, estimant que « le respect de la parole donnée » impose de soumettre cet accord au Parlement. Toutes les positions sont « évidemment respectables », a-t-il ajouté, qu’il s’agisse de soutenir, amender ou rejeter le texte.

L’exécutif met toutefois en garde contre une motion de rejet préalable, qui empêcherait tout examen du projet. Une telle démarche serait, selon Sébastien Lecornu, « une forme de "motion de mépris" pour les signataires de cet accord », qu’ils soient indépendantistes ou non-indépendantistes. Il a insisté sur le fait que « le débat doit être ouvert » « pour la démocratie, pour les Calédoniens et pour l'intérêt général ».

Cette prise de position intervient alors que le texte, soutenu par Emmanuel Macron, se heurte à une forte opposition à l’Assemblée, notamment de la part de La France insoumise, du groupe communiste et du Rassemblement national, favorables à une motion de rejet préalable.

Le projet vise à inscrire dans la Constitution les équilibres issus de l’accord de Bougival, conclu après plusieurs années de négociations sur l’avenir institutionnel de l’archipel. Il s’inscrit dans la continuité des référendums d’autodétermination et d’un processus de décolonisation encore fragile, marqué par les tensions de 2024.

Sur le terrain, les divergences persistent entre les composantes politiques locales, notamment au sein du Front de libération nationale kanak et socialiste, qui conteste le compromis trouvé.


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