Feiza Ben Mohamed
22 Mai 2024•Mise à jour: 22 Mai 2024
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
Le gouvernement français, à un temps, envisagé de basculer l’ensemble du réseau internet mobile, à la 2G, en Nouvelle-Calédonie, en réaction aux émeutes, a déclaré mardi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin au cours de son audition pas la commission des lois à l’Assemblée nationale.
L’Exécutif a finalement opté pour une mesure moins radicale mais très contestée, en interdisant le réseau social TikTok.
« Il n'a pas été fait le choix, même si nous nous sommes posé la question, et comme l'évoquait le rapport sénatorial sur les émeutes, de baisser de 5G à 2G pour l'intégralité des réseaux sociaux », a fait savoir le locataire de Beauvau.
Le passage en 2G aurait rendu inutilisable le réseau internet mobile et les usagers auraient eu à se contenter de l’émission et réception d’appels et de SMS.
Ce dernier s’exprimait alors qu’un recours est toujours examiné par le Conseil d’Etat pour faire suspendre, dans le cadre d’une procédure en référé, l’interdiction de TikTok.
Au cours d’une audience qui s’est tenue mardi matin à 11 heures 30 (heure de Paris), la plus haute juridiction administrative du pays a octroyé à l’Etat, un délai de 24 heures pour fournir des éléments visant à justifier le bien-fondé de la mesure restrictive.
Interrogé pas Anadolu, un des avocats à l’origine de la procédure, Maître Vincent Brengarth, indique avoir « soulevé l’atteinte à la liberté d’expression et au droit à l’information » et s’est basé « essentiellement sur une dimension de principe » en pointant « des atteintes portées aux droits des néo-calédoniens ».
« Le gouvernement a soutenu en substance que le réseau social pouvait être utilisé par des émeutiers mais n’a produit aucun pièce », explique, par ailleurs, l’avocat Maître Brengarth.
Le Conseil d’Etat devrait rendre sa décision et statuer dans les prochains jours.
Pour rappel, suite aux violences qui sévissent dans l’archipel calédonien depuis une semaine, le gouvernement français a décidé d’instaurer plusieurs mesures restrictives en matière de liberté, dont un couvre-feu en vigueur entre 18 heures et 6 heures (heure de Nouméa), l’interdiction de TikTok, mais également un passage sous état d’urgence.
Emmanuel Macron doit arriver, jeudi matin, en Nouvelle-Calédonie pour une visite d’une journée au cours de laquelle il échangera « avec les forces vives locales », comme l’a annoncé le Premier ministre Gabriel Attal face à l’Assemblée Nationale.
Pour rappel, la situation en Nouvelle-Calédonie reste encore tendue après une semaine de violences et le bilan toujours provisoire s’élève à six morts dont deux gendarmes.
À noter que les émeutes interviennent en réaction au projet de loi visant à acter un dégel du corps électoral dans l’Archipel.