Mounir Bennour
02 Février 2021•Mise à jour: 02 Février 2021
AA / Addis-Abeba
Les Nations Unies ont annoncé ce mardi la disparition de 20 000 réfugiés en Éthiopie, suite à la destruction de deux camps dans la région du Tigré, secouée depuis des mois par des troubles.
L'Organisation a déclaré que les réfugiés ont été "portés disparus", après la destruction des camps de Hitsats et de Shimelba au cours des combats qui ont éclaté dans la région entre l'armée fédérale et le "Front de libération du peuple du Tigré" en novembre 2020, selon l'agence de presse américaine Bloomberg.
L'ONU a ajouté que les réfugiés "venaient pour la plupart d’Érythrée".
Selon la même source, l'Organisation des Nations Unies a indiqué que la destruction des deux camps avait été découverte en janvier dernier, grâce à des images satellites.
Le 4 novembre dernier, des combats ont éclaté dans la région (nord) entre l'armée fédérale et le "Front de libération du peuple du Tigré", avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois que le processus de maintien de l'ordre s'était dénoué par le contrôle de toute la région.
Selon le Comité éthiopien des droits de l'homme, les combattants du Front ont tué, au mois de novembre dernier, au moins 600 civils.
Le Front a dominé la vie politique en Éthiopie pendant environ trois décennies, avant qu'Abiy Ahmed n'arrive au pouvoir en 2018, devenant ainsi le premier chef du gouvernement issu de l'ethnie "Oromo".
Les "Oromos" sont la plus grande ethnie en Éthiopie avec 34,9 % de la population, soit environ 108 millions de personnes. Les Tigréens de leur côté, sont la troisième plus grande ethnie et représentent 7,3 % de la population totale du pays.
Le Front de libération du peuple du Tigré se considérant marginalisé, s'est séparé des autorités fédérales, et s'est détaché de la coalition au pouvoir. Il a défié l'autorité d'Abiy Ahmed en tenant des élections régionales en septembre 2020, que le gouvernement d'Addis-Abeba a jugées « illégales ». Une décision fédérale avait, en effet, stipulé le report des élections en raison de la Pandémie de coronavirus.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.