Mennatallah H. H. M. Said A.
11 Décembre 2021•Mise à jour: 11 Décembre 2021
AA/Naypyidaw/Assia Ibrahim
Les opposants au régime militaire au Myanmar, ont organisé, vendredi, une « grève silencieuse » pour protester contre les violations perpétrées par l'armée, en concomitance avec la Journée internationale des droits de l'homme.
L’Agence américaine Associated Press (AP), a indiqué que cette grève représentait l'une des plus grandes manifestations organisées de manière coordonnée à l’échelle nationale depuis des mois par l'opposition, qui a appelé les Birmans à fermer leurs commerces et à rester chez eux.
La même source a ajouté que les opposants à la junte militaire ont observé une « grève silencieuse » de 10h00 du matin heure locale (03h30 GMT) à 16h00 de l’après-midi (09h30 GMT).
Des images relayées sur les réseaux sociaux montraient des rues complètement désertes à Yangon, la plus grande ville du pays, et dans d’autres villes, tout au long de la grève observée ce vendredi.
« La grève en elle-même ne fera peut-être pas de différence significative, mais en faisant preuve d’unité, la grève représente un succès pour les personnes qui mènent une guerre psychologique contre la dictature militaire », a déclaré, Min Han Htet, cofondateur et porte-parole de l'Alliance des syndicats étudiants de Yangon.
Les autorités locales avaient annoncé depuis jeudi, dans certains quartiers, qu'elles prendraient des mesures contre les commerces qui fermeraient sans motif valable, rapporte l'AP.
L’Agence de presse américaine a indiqué, citant un propriétaire de commerce dans l'État de « Shan » (nord) ayant requis l’anonymat, que le « comité gouvernemental de développement du canton » a menacé, vendredi matin, par haut-parleur qu'il prendrait des mesures contre les commerces fermés sans motif valable et qu’il ordonnera leur fermeture pour une durée d’un mois.
Des manifestants vêtus de noir, selon les consignes des organisateurs de la grève, ont défilé en silence à « Shwebo » dans le canton de « Sagaing » (ouest), selon la même source.
Par ailleurs, un rassemblement pro-militaire s’est tenu à Yangon. Des photos relayées sur les réseaux sociaux montraient une centaine de manifestants portant des drapeaux et des pancartes sur lesquels on pouvait lire « contre le terrorisme et en soutien à l'armée », indique l’AP.
La grève survient au lendemain des rapports qui ont révélé, citant des témoins oculaires, que « l'armée du Myanmar a effectué une descente dans un village de l'ouest du pays, au cours de laquelle elle a arrêté des civils, les a menottés puis les a brûlés vifs en représailles à une attaque contre un convoi militaire ».
Une séquence vidéo diffusée à la suite de la descente effectuée mardi par l’armée du Myanmar a montré les corps carbonisés de 11 victimes, dont certaines seraient des adolescents, dans le village de « Don Tau » relevant du canton de « Sagaing », selon une information rapportée par l’AP jeudi.
Les images de ce qui semblait être la plus récente exaction perpétrée par l’armée du Myanmar dans le but de briser la résistance contre le régime militaire, ont été relayées sur les réseaux sociaux, et provoqué l’incrédulité et la colère des Birmans, indique l’AP.
Le 1er février dernier, des commandants de l'armée au Myanmar ont perpétré un coup d'État militaire, suivi de l'arrestation de hauts responsables du pays, dont le président, Win Myint, et la présidente du Conseil d’État, Aung San Suu Kyi.
Le coup d'État est intervenu en même temps que la tenue de la première session de la Chambre des représentants, issue des élections législatives, - la deuxième depuis la fin du régime militaire en 2011 -, dont les résultats ont été rejetés par l'armée qui prétend que le scrutin était entaché de fraude.
La Journée internationale des droits de l’homme est célébrée le 10 décembre de chaque année, jour anniversaire de l’adoption en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
La Déclaration universelle des droits de l'homme comporte un préambule et 30 articles décrivant un large éventail de libertés et droits fondamentaux inhérents à tout être humain et qui s’appliquent également à tous.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail