Migration : l’OIM appelle à une action coordonnée à la Conférence de Munich
- Face à l’augmentation des décès sur les routes irrégulières, l’agence onusienne exhorte les Etats à renforcer la coopération contre les réseaux criminels et à ouvrir des voies légales de mobilité
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Les routes migratoires irrégulières continuent de faire des victimes à travers le monde, et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a appelé ce vendredi, à l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité 2026, à une action rapide et coordonnée des gouvernements, des partenaires internationaux et du secteur privé pour protéger les personnes en déplacement et rendre la migration « plus sûre et plus ordonnée ».
Dans un contexte de niveaux records de déplacement, l’agence des Nations unies souligne que la pression exercée sur les systèmes nationaux de gouvernance migratoire accroît les risques d’exploitation, de traite et de pertes humaines lorsque ces dispositifs sont défaillants ou dépassés.
« Lorsque les pays coopèrent pour créer des voies légales de mobilité professionnelle, moins de personnes se sentent contraintes d’emprunter des routes irrégulières et dangereuses », a déclaré la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, en marge de l’événement. Un « investissement durable dans des systèmes efficaces » permettrait, selon elle, de protéger les plus vulnérables et de réduire le recours aux passeurs, « tout en respectant la souveraineté de chaque Etat ».
Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde, la responsable de l’OIM a également appelé les Etats à « affronter les réseaux de passeurs » et à « ouvrir des voies sûres et légales » pour les migrants.
Elle évoque notamment le naufrage, le 6 février, d’un canot pneumatique transportant 55 personnes au large des côtes libyennes. Selon les informations citées, 53 migrants sont morts ou portés disparus. La Méditerranée demeure la route migratoire la plus meurtrière au monde, avec au moins 484 migrants signalés morts ou disparus depuis le début de l’année, d’après les données communiquées. En 2025, 1.340 vies ont été perdues sur cette route.
Dans la Manche, au moins 36 personnes ont péri en 2025 en tentant de rejoindre le Royaume-Uni, selon les chiffres mentionnés par l’organisation.
L’OIM souligne que les réseaux de passeurs et de traite « sont au cœur de cette crise » et plaide pour un renforcement des enquêtes, du suivi financier et des poursuites transfrontalières afin de démanteler ces groupes criminels.
Tout en rappelant que les Etats ont la responsabilité de contrôler leurs frontières, l’agence estime qu’une gouvernance migratoire efficace suppose également l’élargissement des voies régulières de migration, afin de réduire la dépendance aux filières irrégulières.
L’organisation indique travailler avec les Etats dans des contextes de crise, de relèvement et de développement, en apportant une assistance d’urgence, en renforçant les systèmes de gestion des migrations et en soutenant l’accès à l’emploi décent. Elle met en avant des approches fondées sur les données et des partenariats avec des acteurs publics et privés, visant à prévenir les crises plutôt qu’à multiplier les réponses d’urgence.
La Conférence de Munich sur la sécurité constitue, selon l’OIM, une plateforme pour renforcer la coordination internationale et inscrire la migration parmi les enjeux centraux de sécurité et de résilience.
