Mourad Belhaj
20 Février 2021•Mise à jour: 20 Février 2021
AA / Toluca, Mexique
Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a promulgué, vendredi, un décret mettant fin à l'immunité politique des présidents du pays.
Les sénateurs s'étaient prononcés en novembre en faveur de cette initiative. Ainsi, les présidents pourraient être inculpés et jugés pendant leur mandat pour des crimes tels que la corruption, les crimes électoraux, la haute trahison, et des crimes pour lesquels chaque citoyen pourrait être poursuivi.
"C'est un événement véritablement historique. Le président en exercice ne pouvait être poursuivi pour n'importe quel crime, à l'exception de la haute trahison... Désormais, grâce à cette réforme de la Constitution, les présidents pourront être jugés pour n'importe quel crime, comme n'importe quel citoyen", avait déclaré Lopez Obrador lors d'une conférence de presse tenue en novembre.
Le décret entrera en vigueur à partir de samedi prochain. Cependant, l'impunité dans la politique mexicaine est loin d'être terminée.
Le président Lopez Obrador s'est récemment retrouvé sous le feu des projecteurs en raison de sa prise de position au sujet du candidat au poste de gouverneur du Guerrero, Felix Salgado Macedonio, accusé d'agression sexuelle par cinq femmes.
Le président Obrador a été vivement critiqué cette semaine pour s'être insurgé contre le tollé médiatique provoqué par cette affaire, qu'il a accusé de vouloir infliger un camouflet politique au candidat. "Ya chole" ou "ça suffit", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Le Mexique connaîtra en juin des élections qui verront quinze États élire leur nouveau gouverneur, dont le Guerrero, où Salgado Macedonio est candidat au poste de gouverneur.
Le président Obrador a déclaré que les médias et les rivaux politiques tentent de ternir l'image du parti au pouvoir en plein milieu de cette période électorale cruciale. Selon lui, l'ensemble de la campagne est un "lynchage" politique contre ce candidat discrédité.
" Pourquoi cette campagne, et qui l'a menée ? Les partis de l'opposition l'ont déjà adopté comme slogan : "Pas un vote pour l'autre parti". Il y a énormément de manigances politiciennes", a déclaré le président lors d'une conférence de presse.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj