Moses Phiri
29 Mai 2023•Mise à jour: 29 Mai 2023
AA / Blantyre / Moses Micheal Phiri
La plus haute juridiction du Malawi a relaxé l'ancien président, Bakili Muluzi, le gouvernement ayant abandonné, lundi, toutes les charges de corruption qui pesaient sur lui.
La décision fait suite au classement sans suite de l'affaire par le Procureur général Masauko Chamkakala.
Le ministre de l'information, Moses Kunkuyu, porte-parole officiel du gouvernement, a déclaré dans un communiqué que Masauko Chamkakala avait réexaminé l'affaire Muluzi afin de déterminer si des poursuites pouvaient être engagées dans l'intérêt de la justice et dans le cadre de la volonté inébranlable du gouvernement de faire respecter l'État de droit.
"Le résultat de cet examen est que le Procureur général a décidé de classer l'affaire sans suite et d'abandonner toutes les charges contre l'ancien président", a déclaré Kunkuyu.
Cela signifie que Muluzi, âgé de 80 ans, qui a été arrêté en 2009 et dont le procès a duré 14 ans sous trois administrations précédentes, au cours desquelles des milliards de fonds publics ont été dépensés pour une affaire qui n'a pas été concluante, est désormais un homme libre", a ajouté le ministre de l’information.
Le Procureur général Masauko Chamkakala a déclaré qu'il soumettrait un rapport sur l'affaire au Parlement le mois prochain.
"Concernant les raisons du classement de l'affaire, je soumettrai un rapport au Parlement par l'intermédiaire de la commission des affaires juridiques en juin", a-t-il déclaré à Anadolu.
L'ancien président a été arrêté une première fois en 2006, puis une seconde fois en 2009, accusé d'avoir détourné des millions de dollars de fonds provenant de donateurs. Beaucoup ont salué son arrestation comme une mesure audacieuse de lutte contre les malversations, dans un pays gangrené par la corruption.
Bakili Muluzi a été accusé d'avoir détourné sur son compte personnel des dons provenant de pays comme la Chine, la Libye, le Maroc et d'autres.
Mais après que l'affaire Muluzi eut été classée, l'expert en droit, Danwood Chirwa, a déclaré que l'abandon des poursuites mettait en évidence le caractère dérisoire des efforts déployés par le Malawi pour lutter contre la corruption.
"Cela représente également la plus mauvaise performance du Bureau de lutte contre la corruption en termes de poursuites et de condamnations", a déclaré Chirwa.
Muluzi, qui a gouverné le Malawi de 1994 à 2004, a été accusé d'avoir détourné 12 millions de dollars de fonds publics.
Il a cependant toujours nié avoir commis des actes répréhensibles, affirmant qu'aucun pays étranger ne déposerait l'argent d'un donateur sur un compte personnel.
Muluzi affirme que l'affaire a été montée de toutes pièces pour des raisons politiques.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj