Meher Hajbı
27 Décembre 2019•Mise à jour: 27 Décembre 2019
AA - Kuala Lumpur
Le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad a annoncé que son pays n’extraderait pas les Ouïghours vers la Chine s'ils demandaient l'asile en Malaisie.
C’est ce qui ressort de son discours au Parlement malaisien, en réponse aux questions de l'opposition, au sujet de la persécution de la minorité musulmane ouïghoure par les autorités chinoises.
Mahathir Mohamad a évoqué le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, appelant, toutefois, la communauté internationale à reconnaître la pression exercée sur les musulmans du monde entier, notamment les Ouïghours.
Pour le Premier ministre malaisien, les préoccupations et les craintes des Ouïghours pour leur vie sont légitimes.
“Dans le cas où les Ouïghours demandent l'asile en Malaisie, nous les extraderons pas vers la Chine même si une demande officielle d’extradition est émise”, a-t-il affirmé.
En effet, Pékin contrôle, depuis 1949, le territoire du Turkestan Oriental, appelé Xinjiang, la "nouvelle frontière" et qui abrite la minorité ouïghour musulmane turcophone.
Dans son rapport annuel sur les droits de l'homme, publié en 2018, le département d'État américain a déclaré en mars que la Chine détenait des musulmans dans des centres de détention "dans le but d'effacer leur identité religieuse et ethnique".
Selon les statistiques officielles, il y aurait 30 millions de musulmans en Chine, dont 23 millions d’Ouïghours, tandis que des informations non officielles, font état d'environ 100 millions de musulmans, soit environ 9,5% de la population.