Ümit Dönmez
24 Septembre 2025•Mise à jour: 25 Septembre 2025
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le chef d'État français Emmanuel Macron a affirmé mardi face à Donald Trump que l’action militaire d'Israël à Gaza ne permet pas de démanteler le Hamas.
Les Israéliens « ont tué les principaux dirigeants du Hamas. Ça fonctionne. C’est une grande réussite, mais en même temps, vous avez autant de combattants du Hamas qu’au premier jour. Donc, cela ne fonctionne pas pour démanteler le Hamas. Ce n’est pas la bonne façon d’agir », a déclaré le Président français lors de leur rencontre bilatérale à New York.
Il a précisé la séquence qu’il juge nécessaire : « La libération de tous les otages, le cessez-le-feu et la reprise de l’aide humanitaire [dans la bande de Gaza]. Et nous avons besoin d’une perspective politique, c’est pourquoi nous avons pris cette décision sur la reconnaissance » de l’État de Palestine.
Donald Trump a, pour sa part, rejeté cette approche. « Je pense que cela honore le Hamas, et on ne peut pas faire cela à cause du 7 octobre », a lancé le président américain. Il a rappelé vouloir « récupérer les otages » et « mettre fin à la guerre », tout en réaffirmant qu’il se plaçait « du côté d’Israël ».
Interrogé également sur l’Ukraine, Trump a évoqué un conflit qui dure « trois ans et demi » durant lequel la Russie « n’a pas beaucoup progressé », laissant entendre que « peut-être la Russie est un tigre de papier ». Emmanuel Macron a salué un message « très juste » émis par son homologue américain après sa rencontre avec Volodymyr Zelensky, et assuré partager l’objectif de « la paix comme objectif partout… en Ukraine comme au Moyen-Orient ».
Donald Trump a indiqué préparer une réunion « très importante » avec plusieurs dirigeants de la région au sujet de Gaza, assurant qu’un « résultat rapide » était possible. « Nous allons mettre fin à la guerre, récupérer les otages, et nous les voulons tous », a-t-il insisté.
Cet échange intervient au lendemain de la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France, que Macron défend comme partie d’une « perspective politique » indispensable.
- Situation humanitaire à Gaza
Pour rappel, selon les autorités sanitaires de la bande de Gaza, en Palestine, plus de 65.000 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis le début du conflit en octobre 2023, suite à une attaque meurtrière attribuée au Hamas.
La majorité des victimes palestiniennes sont des enfants et des femmes, tandis que des centaines de civils ont été abattus dans des zones de distribution d’aide humanitaire ces derniers mois. Ces événements interviennent dans un contexte humanitaire dramatique à Gaza, alors que retentissent les appels internationaux pour un cessez-le-feu et une intensification du flot d’aide.
Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, a déclaré en juillet que Gaza est confrontée à « une mort et une destruction sans précédent », que « la malnutrition est en forte hausse » alors que le système d'aide s'est effondré.
La Cour internationale de Justice (CIJ) a ordonné à Israël dès janvier 2024 de prévenir tout acte de génocide et de permettre l’accès à l’aide humanitaire. La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, en juillet, les mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant, les accusant de crimes de guerre, notamment d’avoir utilisé la famine comme méthode de guerre.