Bilal Müftüoğlu
17 Décembre 2015•Mise à jour: 18 Décembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'éducation joue un rôle clé dans l'intégration des élèves immigrés dans leurs pays d'accueil, en particulier dans un contexte d'une vague migratoire "sans précédent" en Europe, a fait remarquer l'OCDE dans son dernier rapport.
Paru jeudi, le rapport "Immigrant Students in School: Easing the Journey towards Integration", revient sur la performance des élèves immigrés à l'école et établit une corrélation entre leur succès et les politiques des pays d'accueil.
Les élèves immigrés restent moins performants que les non-immigrés dans la quasi-totalité des pays faisant partie de l'étude, souligne le document, pourtant ce niveau varie drastiquement d'un pays à l'autre, notamment en fonction de la capacité des systèmes d'éducation nationale et la perception des immigrés au sein de la société.
Les élèves immigrés de première génération tout comme de seconde génération ont un niveau de performance inférieur aux locaux, en mathématiques, en lecture et dans la capacité de résoudre un problème à l'ordinateur, selon l'étude, qui s'appuie sur les résultats du PISA [Programme international pour le suivi des acquis des élèves, ndlr].
L'écart entre les élèves immigrés et non-immigrés est particulièrement considérable en France, en Belgique, en Grèce et au Mexique, d'après les données parues dans le rapport. En revanche, dans les pays comme le Qatar, l'Australie et le Singapore, les élèves immigrés obtiennent des meilleurs résultats que les élèves non-immigrés.
Les élèves immigrés développent aussi un sens d'appartenance à l'école inférieur que les non-immigrés. Cet écart est moins considérable que celui de la performance des élèves, pourtant il atteint 10% en France, voire 20% au Brésil. En effet, seulement 40% des élèves immigrés ont un sens d'appartenance à l'école (contre près de 50% pour les locaux).
D'autre part, les étudiants immigrés devraient être plus qualifiés que les locaux pour être acceptés sur le marché de l'emploi. A l'exception des Etats-Unis, de la Slovaquie et de la République tchèque, les étudiants immigrés estiment qu'ils sont appelés à être plus qualifiés que les locaux pour obtenir le même poste que ces derniers. Ce sentiment est particulièrement ressenti en Italie, au Danemark et en Flandre (Belgique), souligne le rapport.