Serap Doğansoy
19 Février 2026•Mise à jour: 19 Février 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a demandé l’interdiction d’une marche prévue le samedi 21 février en hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans mort la semaine dernière, invoquant un « risque réel de débordements violents », a indiqué la municipalité dans un communiqué.
L’élu a fait part à la préfecture du Rhône de sa « vive inquiétude » concernant ce rassemblement, estimant que, « pour garantir un cadre serein et prévenir toute violence, l’interdiction de cette manifestation constitue la seule décision responsable ». Il évoque notamment « la présence de militants d’extrême droite venus de toute la France et de pays frontaliers », ainsi que des « menaces à l’encontre d’élus » et des « dégradations de permanences parlementaires ».
La marche doit débuter à 15h, au départ de l’avenue Jean-Jaurès, en direction de la rue Victor-Lagrange, où se sont déroulés les faits. L’une des coorganisatrices, Aliette Espieux, affirme espérer la présence de « 2 000 à 3 000 personnes » et assure que le rassemblement ne vise ni « à en découdre » ni à mener « une campagne électorale ».
Ce jeudi, cinq jours après le décès du jeune homme, le président Emmanuel Macron a indiqué, par l’intermédiaire de son entourage, qu’il se « préoccupait évidemment de la situation » et qu’il suivait les développements « de près » depuis son déplacement officiel en Inde. Il a appelé à « éviter tout engrenage de la violence ».
Depuis la mort de Quentin Deranque, plusieurs élus de La France insoumise (LFI) affirment avoir reçu des menaces. Le siège national du mouvement à Paris a été brièvement évacué mercredi en raison d’une alerte à la bombe, tandis que des candidats aux élections municipales disent avoir été pris à partie sur le terrain et sur les réseaux sociaux.
Sur le plan judiciaire, onze personnes ont été placées en garde à vue après des interpellations menées dans le Rhône, la Haute-Loire, la Drôme et l’Aisne. Sept d’entre elles sont soupçonnées d’avoir joué un rôle direct dans les violences et sont poursuivies pour « homicide volontaire », « violences aggravées » et « association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Les quatre autres sont visées pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches ».
Parmi les personnes interpellées figurent un ancien stagiaire du député LFI Raphaël Arnault et deux assistants parlementaires. L’un d’eux, Jacques-Elie Favrot, reconnaît « sa présence sur les lieux » et « la commission de violences » contre Quentin Deranque, tout en contestant être l’auteur des coups ayant entraîné la mort, selon son avocat.
La mort du jeune militant, présentée par les organisateurs de la marche comme un homicide lié à des affrontements entre militants d’extrême droite et antifascistes, a ravivé les tensions politiques à Lyon et au niveau national.