Beyza Binnur Dönmez
29 Mars 2025•Mise à jour: 29 Mars 2025
AA/Genéve/Beyza Binnur Donmez
Le bureau des droits de l’homme de l’ONU a exprimé vendredi son inquiétude face au déplacement massif des Palestiniens à Gaza, avertissant que les ordres d’évacuation israéliens depuis la mi-mars contraignent les civils à se réfugier dans des zones de plus en plus dangereuses et surpeuplées.
« Nous sommes profondément préoccupés par l’espace de plus en plus réduit pour les civils à Gaza, qui sont forcés de fuir de vastes territoires sous la pression de l’armée israélienne », a déclaré le porte-parole Thameen Al-Kheetan dans un communiqué.
Selon le bureau, l’armée israélienne a émis 10 ordres d’évacuation depuis le 18 mars, couvrant une grande partie du territoire de Gaza, y compris plus de la moitié du nord de l’enclave.
Mais ces déplacements n’ont pas pour autant renforcé la sécurité des civils.
« Ceux qui sont déplacés ne sont pas en sécurité », a affirmé Al-Kheetan. « L'armée israélienne a ordonné à la population de l'ouest de Rafah de se rendre à Al Mawasi, qui a ensuite été bombardée. »
Il a ajouté qu'Israël ne prenait aucune mesure pour assurer un hébergement aux évacués, ni pour garantir que ces déplacements se déroulent dans des conditions satisfaisantes en matière d’hygiène, de santé, de sécurité et de nutrition.
Le porte-parole a également souligné l’ampleur des pertes civiles, citant 855 morts et 1 869 blessés recensés par le ministère de la Santé de Gaza depuis le 18 mars.
« Des civils qui ont déjà subi de multiples déplacements se retrouvent une fois de plus confrontés à un choix cruel : fuir à nouveau ou rester et risquer leur vie ainsi que celle de leurs proches », a-t-il déclaré.
Al-Kheetan a appelé toutes les parties à parvenir à un cessez-le-feu permanent « dès que possible ».
« Israël doit immédiatement lever son blocus sur l’aide humanitaire et s’abstenir de tout acte s’apparentant à un transfert forcé de la population de Gaza », a-t-il insisté.
« Le transfert forcé est une violation grave du droit international humanitaire et constitue un crime en vertu du droit international », a-t-il averti.
L'armée israélienne a lancé une campagne aérienne surprise sur la bande de Gaza le 18 mars, mettant fin au cessez-le-feu et à l’accord d’échange de prisonniers conclu en janvier.
Depuis le début de l’offensive israélienne en octobre 2023, plus de 50 200 Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, ont été tués et plus de 113 900 autres blessés.
Traduit de l'anglais par Sanaa Amir