Selen Temizer
02 Décembre 2015•Mise à jour: 02 Décembre 2015
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Les avertissements faites par les pays occidentaux et la Turquie à Moscou pour diriger ses frappes contre Daech et non pas contre les civils, n'ont pas été entendus.
Depuis le 30 septembre, la Russie poursuit ses attaques aériennes en Syrie en prétendant lutter contre le terrorisme. Plus que Daech, ce sont les opposants modérés et les civils qui sont attaqués. Les dirigeants des pays occidentaux, et plus particulièrement de la Turquie et des Etats-Unis, ont lancé plusieurs avertissements à ce sujet en direction de Moscou.
«Les frappes russes en Syrie ne sont pas dirigées contre Daech mais contre l’opposition modérée. Je demanderais à Poutine de réviser ses opérations militaires en Syrie. La Turquie est le pays qui pâtit le plus de la situation là-bas, et non pas la Russie», avait annoncé le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d’un interview télévisée, le 2 octobre 2015.
Quelques heures plus tard, le Président des Etats-Unis, Barack Obama, avait déclaré que «les opérations aériennes russes menées en Syrie enterrent l'opposition modérée et renforcent Daech.»
C’est alors qu’un communiqué officiel commun a été rédigé, le 2 octobre, par la Turquie, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume Uni, la France, le Qatar et l’Arabie Saoudite appelant la Russie à cesser ses attaques contre les opposants syriens et les civils et de focaliser son effort sur la lutte contre Daech.
Le Premier ministre britannique, Davide Cameron, avait annoncé le 3 octobre : "Il est clair que la Russie ne fait pas de distinctions dans ses frappes en Syrie entre Daech et l'oppposition modérée légitime."
Le Président français, François Hollande, avait annoncé à son tour, que les opérations aériennes russes ne visent pas l'organisaiton terroriste Daesh: « Pour le moment, la Russie n’est pas notre alliée au sujet de la Syrie. Si elle entre dans une recherche de transition politique et cible Daech alors elle serait notre alliée.»
«J’appelle la Russie a joué un rôle constructif dans la lutte anti-Daech, en Syrie. Les actions et le soutien de la Russie au régime syrien sont des obstacles à la résolution du problème syrien», avait annoncé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le 8 octobre 2015.
Les opératations aériennes russes se sont poursuivies tout au long du mois d'octobre.
Les 3 et 4 octobre, les avions russes ont violé l’espace aérien turc à deux reprises alors qu’ils devaient opérer en Syrie.
Après le renouvellement de ces violations, un avion russe a été abattu le 24 novembre 2015. les dirigeants des pays occidentaux ont alors réitéré leurs appels a la Russie pour qu’elle ré-oriente ses opérations contre Daech.
"Si la Russie avait concentré son intervention contre Daech, certaines situations et tensions ne seraient pas apparues", a déclaré Obama, le 24 novembre après l'intervention turque contre l'avion russe.
Quant à Stoltenberg, il a annoncé le jour même: " La cible de la Russie doit être Daech. Or, là où la Russie frappe, il n'y a pas Daech. Nous sommes ouverts à toute proposition de lutte qui permettera de lutter face à notre ennemi commun, Daech."
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a signalé le 26 novembre, que jusqu'alors, la Russie a plus visé l'opposition modérée que Daech et estimé que cela peut changer si elle est encouragée dans ce sens.
A la même date, avant son entretien avec Poutine au Kremlin, François Hollande a annoncé qu'il invitera à nouveau le président russe à lutter seulement contre Daech.
Après sa visite à Moscou, Hollande avait assuré que Poutine avait fait la promesse d’orienter ses opérations seulement contre Daech. Or, le Président russe n'a pas tenu sa promesse. La Russie a bombardé Idlib, ville sous contrôle des opposants modérés, ainsi que neuf autres cibles habitées par des civils.