Lassaad Ben Ahmed
08 Janvier 2020•Mise à jour: 09 Janvier 2020
AA / Ankara - Téhéran
L'offensive aux missiles contre les bases américaines de "Aïn al-Assad" à al-Anbar, à l'ouest de l'Irak et celle d'Erbil, constitue "un premier pas", a affirmé Ismaïl Koutherei, commandant de la brigade "Thar-Allah" relevant des Gardiens de la révolution, affirmant que ses forces ne "lâcheront pas les Américains".
Koutherei a indiqué, dans des déclarations rapportées, mercredi à l'aube, par l'agence de presse "Mehr" (officiel), que "Nous ne prononçons pas des paroles que nous n'appliquons pas... C'est un premier pas aujourd'hui. Les Américains doivent savoir qu'ils sont obligés de quitter la région".
Il a, par ailleurs, appelé les responsables américains à "s'opposer au président américain Trump", soulignant que : "Ici, ce n'est pas un domaine de jeu de poker".
Il a appelé à exercer des pressions sur Trump, "afin qu'il arrête sa démarche hostile, autrement, vos forces seront affectées dans la région et la moindre attaque aura une riposte".
La Force "Thar-Allah" est chargée de protéger la capitale Téhéran contre les situations de guerre et les crises.
Les Gardiens de la révolution avaient annoncé, mercredi à l'aube, avoir mené une offensive aux missiles contre deux bases américaines en Irak.
Selon un communique, des dizaines de missiles "sol-sol" ont atteint les deux bases.
Suite à cette offensive, la Maison Blanche a annoncé que le président, Donald Trump, avait été tenu informé de cette offensive et qu'il était en train de suivre l'évolution de la situation.
Dans le même contexte, la Maison Blanche a fait savoir que le président Trump avait tenu une réunion sécuritaire avec les ministres des Affaires étrangères Mike Pompeo et de la Défense, Mark Esper, ainsi qu'avec le chef d'état-major Mark Milley et son adjoint Mike Pens.
La Maison Blanche a annoncé également que le président Trump s'adressera à la Nation, après la réunion sécuritaire. Toutefois, après ladite réunion, un communiqué a été émis, indiquant qu'il n'y aura pas de discours de Trump.
Pour sa part, le ministère américain de la Défense (Pentagone) a annoncé que l'Iran avait tiré plus de 12 missiles, mercredi à l'aube, sur deux bases américaines à Aïn al-Assad et Erbil, utilisées par les forces américaines en Irak.
Le Pentagone a affirmé que l'administration américaine était en cours d'évaluation des dégâts et qu'elle étudiait les options de riposte contre Téhéran qui avait affirmé que cette offensive intervient en "vengeance" de l'assassinat de Qassem Soleimani, commandant du régiment "Al-Qods", dans un raid américain, la semaine dernière.
Pour sa part, Jonathan Hoffmann, vice-ministre américain de la Défense, a souligné dans un communiqué que le ministère menait une évaluation préliminaire des dégâts et étudiait la "riposte" à cette offensive.
Il a ajouté que mardi soir, à 5h30 (22h30 GMT) l'Iran avait tiré plus de 12 missiles balistiques sur les forces américaines et alliées en Irak.
Cette offensive intervient après environ 24 heures d'une confusion américaine concernant l'annonce d'un retrait d'Irak, aussitôt démentie par le Pentagone.
Les services de renseignement américains avaient révélé des manœuvres militaires iraniennes, sur fond de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis suite à une frappe meurtrière, vendredi dernier, contre Soleimani et le dirigeant des milices irakiennes d'"al-Hachd al-Chaâbi", Abou Mehdi al-Mouhandis.
Cet événement a engendré une escalade entre l'Iran et les Etats-Unis, sur fond de craintes que l'Irak ne devienne le théâtre d'une confrontation entre Washington et Téhéran.
Le président Trump avait menacé, lundi, d'imposer des sanctions contre l'Irak si ce dernier venait de demander le retrait des forces américaines de façon inamicale.
Quelque 5000 soldats américains sont déployés dans des bases américaines à travers l'Irak, dans le cadre de la coalition internationale contre l'organisation terroriste "Daech".