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30 Juillet 2020•Mise à jour: 31 Juillet 2020
AA - New Delhi, Inde
Le gouvernement indien a accepté mercredi de libérer un des plus importants avocats du Cachemire, Mian Abdul Qayoom, qui est détenu depuis août 2019.
Qayoom a été détenu en vertu de la loi sur la sécurité publique selon laquelle une personne peut être détenue sans accusation formelle et sans procès. La détention en vertu de la loi, qui a été qualifiée par Amnesty International en 2016 de loi draconienne, peut durer jusqu'à deux ans.
Il y a deux jours, le gouvernement a déclaré à la plus haute juridiction du pays que la détention de Qayoom ne serait pas prolongée après le 6 août.
Lors de l'audience de mercredi, le gouvernement a accepté de libérer l'avocat.
"Oui, le gouvernement indien a accepté de le libérer. Il sera libéré demain [de prison]", a déclaré à l'Agence Anadolu, l'avocat principal à la Cour suprême, Dushyant Dave, représentant l'avocat Qayoom.
Qayoom, 73 ans, qui est président de l'Association du barreau de la Haute Cour du Jammu-et-Cachemire, a été arrêté l'été dernier lors d'une répression massive au cours de laquelle des milliers de personnes auraient été détenues dans la perspective de dépouiller le Jammu-et-Cachemire de son statut d'État et de son statut semi-autonome, le 5 août 2019.
Fin janvier 2020, sa famille et ses amis ont déclaré que Qayoom avait "subi une crise cardiaque", ce qui a conduit à une demande de libération anticipée.
Qayoom est détenu dans une prison de la province indienne d'Uttar Pradesh, d'où il a été transféré à la prison de Tihar à New Delhi suite à la détérioration de son état de santé.
Le Cachemire, une région himalayenne à majorité musulmane, est détenu en partie par l'Inde et le Pakistan, et revendiqué par les deux en totalité. Une petite partie du Cachemire est également détenue par la Chine.
Certains groupes cachemiris du Jammu-et-Cachemire se battent contre la domination indienne, pour trouver l'indépendance ou réaliser l'unification avec le Pakistan voisin.
Selon plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, des milliers de personnes auraient été tuées dans le conflit depuis 1989.
* Traduit de l'anglais par Ümit Dönmez