Mourad Belhaj
09 Mars 2021•Mise à jour: 09 Mars 2021
AA / New Delhi
Une association non partisane de responsables de rédaction a exprimé son indignation face à la détention systématique de journalistes " pour leurs reportages ou leurs éditoriaux " par les forces de sécurité indiennes dans le Jammu-et-Cachemire.
"La Guilde des éditeurs de l'Inde est stupéfaite par la désinvolture avec laquelle les forces de sécurité interpellent régulièrement les journalistes du Jammu et Cachemire pour leurs reportages ou leurs éditoriaux", a déclaré la guilde lundi soir.
Elle fait référence au cas récent de Fahad Shah, rédacteur en chef du Kashmir Walla, journal basé à Srinagar, qui a été convoqué par la police pour un article publié dans son journal.
"C'est la troisième fois que le Shah est interpellé pour ses écrits. Ce n'est pas le seul cas", a déclaré la guilde des éditeurs.
De plus, il y aurait des dizaines de journalistes qui vivent "cette nouvelle normalité, qui leur vaut d'être arrêtés par les forces de sécurité pour avoir écrit quoi que ce soit de contraire au discours du gouvernement".
La guilde a appelé le gouvernement à créer un environnement où la presse peut rapporter des nouvelles et "exprimer des opinions sans aucune crainte ni bénédiction".
Cette déclaration intervient quelques jours après que les forces gouvernementales aient prétendument agressé deux journalistes cachemiris lors d'une manifestation dans la capitale de la région, Srinagar.
L'un d'eux a affirmé avoir été frappé par un policier avec la crosse de son arme, un autre a déclaré qu'un policier l'avait saisi par le col de sa chemise et avait tenté de l'étrangler.
La police a cependant nié que les agents aient intentionnellement fait usage de leurs armes contre l'un des journalistes.
Les journalistes de la région affirment que la convocation des journalistes dans les commissariats de police est devenue une nouvelle norme.
Le Club de la presse du Cachemire, basé à Srinagar, un organisme représentatif des journalistes et des médias du Cachemire, a récemment publié plusieurs déclarations soulignant le harcèlement des professionnels des médias dans la région.
Le Cachemire est divisé entre l'Inde et le Pakistan et revendiqué dans son intégralité par les deux pays. Une petite partie du Cachemire est également détenue par la Chine.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj