Michael Gabriel Hernandez
25 Mars 2024•Mise à jour: 26 Mars 2024
AA / Washington / Michael Hernandez
La Maison Blanche s'est déclarée, lundi, "très déçue" par la décision du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, d'annuler la visite officielle d'une délégation à Washington, après un vote clé du Conseil de sécurité de l'ONU au cours duquel les États-Unis n'ont pas usé de leur droit de veto.
"Nous sommes très déçus qu'ils ne viennent pas à Washington, pour nous permettre d'avoir une conversation approfondie avec eux sur les alternatives viables à l'intervention au sol à Rafah", a déclaré John Kirby, porte-parole du Conseil national de sécurité.
La délégation interagences devait entamer des discussions avec ses homologues américains à Washington en début de semaine, mais Netanyahu a brusquement annulé la visite en représailles à la décision de Washington de ne pas opposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant un "cessez-le-feu immédiat pour le mois de Ramadan" dans la Bande de Gaza assiégée.
La résolution exige également "la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers, ainsi qu'un accès à l'aide humanitaire pour répondre à leurs besoins médicaux et autres exigences d'ordre humanitaire".
Elle souligne également "la nécessité urgente d'accroître l'acheminement de l'aide humanitaire et de renforcer la protection des civils dans l'ensemble de la Bande de Gaza, réitèrant sa demande de levée de tous les obstacles à la distribution de l'aide humanitaire", conformément au droit international humanitaire.
Les délégations américaine et israélienne devaient discuter des propositions américaines concernant des alternatives à l'invasion israélienne de Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza, où quelque 1,5 million de Palestiniens ont trouvé refuge après avoir été déplacés dans d'autres parties de l’enclave.
Israël mène une offensive militaire meurtrière contre la Bande de Gaza depuis l'attaque transfrontalière menée, le 7 octobre 2023, par le mouvement de résistance palestinien Hamas.
Depuis lors, 32 333 Palestiniens ont été tués et quelque 74 694 autres blessés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires de la Bande de Gaza.
La guerre israélienne a poussé 85 % de la population de Gaza à se déplacer à l'intérieur du territoire, dans un contexte de pénurie aiguë de nourriture, d'eau potable et de médicaments, tandis que 60 % des infrastructures de l'enclave ont été endommagées ou détruites, selon l'ONU.
Israël est poursuivi devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) pour crime de génocide. Une ordonnance rendue par la CIJ, en janvier, a enjoint Tel-Aviv de mettre fin aux agissements à caractère génocidaire et de prendre des mesures pour garantir l'acheminement de l'aide humanitaire à la population civile de la Bande de Gaza.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj