Islam Uddin
29 Septembre 2021•Mise à jour: 29 Septembre 2021
AA / Islamabad, Pakistan / Islamuddin Sajid
Le gouvernement intérimaire des Taliban d'Afghanistan a mis en garde les États-Unis, mercredi, contre la violation de l'espace aérien afghan et les conséquences négatives qu'elle pourrait entraîner.
Le porte-parole du gouvernement Taliban, Zabihullah Mujahid, a déclaré depuis Kaboul que les frappes de drones américains en Afghanistan constituaient une atteinte à la sécurité nationale.
"Nous avons récemment vu les États-Unis violer les lois internationales et leurs engagements envers l'Émirat islamique pris à Doha, au Qatar, alors que l'espace aérien afghan sacré est envahi par les drones américains", a déclaré Zabihullah Mujahid, exhortant Washington à mettre fin à ces violations.
"En vertu des lois internationales, chaque pays est souverain sur son territoire et son espace aérien. Par conséquent, l'Émirat islamique, en tant que seule entité juridique de l'Afghanistan, est le gardien de l'espace terrestre et aérien de l'Afghanistan", a-t-il expliqué.
Et Mujahid d'ajouter : "Nous appelons tous les pays, en particulier les États-Unis, à traiter l'Afghanistan conformément aux droits, lois et engagements internationaux, dans le respect mutuel et le celui des engagements, afin d'éviter toute conséquence négative".
Les Taliban ont pris le contrôle de Kaboul le mois dernier et ont annoncé la mise en place d'un gouvernement intérimaire en septembre après le départ des troupes américaines le 31 août.
Le 29 août, l'armée américaine a visé le véhicule d'un travailleur humanitaire, Zamari Ahmadi, par une frappe de drone à l'intérieur de son domicile à Kaboul. Il était soupçonné d'avoir des liens avec l'organisation Daech-Khorasan.
Le 17 septembre, les États-Unis ont reconnu que la frappe aérienne avait entraîné la mort de 10 civils, dont un travailleur humanitaire et jusqu'à sept enfants.
"Nous estimons désormais qu'il est peu probable que le véhicule et les personnes décédées aient été associés à Daech (Daech-Khorasan) ou qu'ils aient constitué une menace directe pour les forces américaines", a déclaré le général Frank McKenzie, chef du commandement central, qui avait auparavant affirmé qu'Ahmadi avait des liens avec Daech.
McKenzie a exprimé ses "profondes condoléances" aux familles des victimes et a déclaré que l'attaque avait été menée "en croyant sincèrement qu'elle empêcherait une menace imminente pour nos forces et les personnes en attente d'évacuation à l'aéroport".
Cependant, les proches des 10 victimes de l'attaque de drone ont rejeté les "condoléances et les excuses" des États-Unis, qualifiant cette attaque de crime de guerre et exigeant que justice soit rendue en vertu du droit international.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj