Bilal Müftüoğlu
16 Février 2016•Mise à jour: 16 Février 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Plusieurs pays européens ont été épinglés mardi par le Conseil de l'Europe pour leur politique discriminatoire envers les Roms et l'évacuation forcée de ces derniers, au mépris de la Convention européenne des droits de l'homme.
Dans une lettre envoyée aux ministres de l'Albanie, de la Bulgarie, de la France, de la Hongrie, de l'Italie, de la Serbie et de la Suède, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Nils Muiznieks a fait part de sa préoccupation sur la situation des Roms dans ces Etats membres.
"De nombreux Roms continuent à faire l’objet de formes graves de discrimination et de violations des droits de l'homme de la part d’autorités aux niveaux national ou local. En particulier, des évacuations forcées, conduites sans respect des procédures ni proposition adaptée de relogement, persistent à travers l’Europe, au mépris des obligations internationales incombant aux Etats membres en matière de droits de l'homme", a regretté Muiznieks, annonçant l'envoi de ces lettres d'avertissement aux responsables des sept Etats membres.
"Souvent, les autorités procèdent aux expulsions à très brève échéance et sans avoir consulté les familles concernées, auxquelles aucune solution de relogement adaptée n’est proposée. Cette situation augmente la vulnérabilité des familles roms, entrave leur intégration sociale et empêche leurs enfants d’être scolarisés normalement", a encore déploré le Commissaire aux droits de l'homme.
En France plus spécifiquement, les forces de l'ordre ont procédé à 111 évacuations forcées en 2015 touchant 11 128 Roms migrants alors que seulement 29 de ces évacuations auraient donné lieu à des propositions de relogement, a fait savoir Muiznieks, dans sa lettre adressée au ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
Muiznieks s'est aussi dit inquiet du "climat d'antitsiganisme qui existe de longue date en France" et de nombreux actes et propos hostiles à l'égard des Roms, rappelant que la France a violé à plusieurs reprises la Charte sociale européenne concernant les droits sociaux de ces derniers.