AA - Washington - Nur Gülsoy
Des organisations de la société civile américaines ont organisé, jeudi à Washington, une cérémonie de commémoration pour les trois jeunes musulmans assassinés mardi dans leur domicile dans l'Etat de Caroline du Nord.
Deah Shaddy Barakat (23 ans), son épouse Yusor Muhammed (21 ans) et sa belle-soeur Razan Muhammed Abou-Salha (19 ans), ont été retrouvés morts, tués à coup de pistolet, dans leur domicile à Chapel Hill.
Après la découverte des corps, leur voisin Craig Stephne Hicks, 46 ans, s'est rendu à la police et a revendiqué les meurtres.
Le Conseil des relations américano-islamiques a organisé une manifestation à laquelle ont participé plusieurs autres organisations civiles et religieuses, dont la Voix juive pour la Paix.
Rassemblé à Dupont Circle, carrefour des avenues principales, le groupe a manifesté contre le meurtre du couple et de la belle-soeur, avant de faire une prière.
Zach Morris, membre du groupe de la Voix juive pour la Paix, a déclaré à l'Agence Anadolu: "Nous savons tous très bien que si les victimes étaient chrétiennes, juives, hindoues ou athéistes, ou si l'assassin était musulman, ce meurtre aurait été considéré comme un acte de terrorisme ou de haine."
Au terme d'une manifestation et d'une commémoration d'environ deux heures, le groupe s'est dispersé sans encombre.
Par ailleurs, Londres a été théâtre de manifestations contre le groupe audiovisuel BBC, accusé de ne pas avoir accordé assez d'importance à l'incident.
Un groupe s'est rassemblé devant le siège de la BBC dans le cadre de la campagne "Non au racisme".
Les manifestants ont accusé la BBC de rester "muette" devant le meurtre de trois jeunes musulmans au Chapel Hill, avec des pancartes inscrites "la vie des musulmans est importante", "cessez de montrer les musulmans comme des terroristes", et scandant des slogans comme "non à l'islamophobie".
Selon l'organisateur de la manifestation, Shabby Dhalu, le meurtre de ces trois jeunes doit être pris comme "un crime de haine, et les musulmans sont toujours montrés comme des coupables mais jamais en tant que victimes du terrorisme."
Rappelant que la presse britannique avait beaucoup diffusé sur les attaques commises à Paris en janvier, Shabby Dhalu s'est plaint de "l'insuffisance de la couverture médiatique de ce triple meurtre".