Le rétablissement de l'installation de GNL endommagée au Qatar pourrait prendre jusqu'à 5 ans
- Les pénuries critiques de turbines devraient retarder de plusieurs années les réparations à Ras Laffan, selon Rystad Energy
Istanbul
AA / Istanbul / Mucahittan Avcioglu
Le plus grand complexe de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, situé au Qatar, ne devrait pas retrouver sa pleine capacité avant des années après avoir été endommagé par des frappes iraniennes, car des pénuries d'équipements critiques retardent les réparations, a déclaré mercredi Rystad Energy.
Les dommages subis par deux unités de production de GNL dans la ville industrielle de Ras Laffan ont créé un goulot d'étranglement structurel pour la reprise, car les turbines à gaz de remplacement nécessaires pour alimenter les compresseurs de réfrigération sont confrontées à des retards de livraison mondiaux de deux à quatre ans, selon le cabinet de conseil en énergie basé en Norvège.
Rystad estime que les dégâts ont réduit la capacité de GNL du Qatar d'environ 17 %, ce qui équivaut à peu près à 12,8 millions de tonnes par an.
Le rétablissement de la production n'est pas principalement une question de financement, mais de contraintes liées à la chaîne d'approvisionnement, car seuls trois fabricants mondiaux produisent les turbines de grande puissance requises pour les opérations de GNL, ajoute-t-il.
Ces fournisseurs ont entamé l'année 2026 avec des carnets de commandes déjà mis à rude épreuve par une forte demande liée à l'expansion des centres de données et à l'abandon mondial du charbon.
En conséquence, même avec un déploiement immédiat de capitaux, les seuls retards d'approvisionnement pourraient repousser une reprise significative de plusieurs années, les délais de restauration complète pouvant s'étendre jusqu'à cinq ans.
« L'ampleur des dégâts et les longs délais de livraison des équipements critiques pourraient entraîner une lente reprise à Ras Laffan », a déclaré Audun Martinsen, responsable de la recherche sur la chaîne d'approvisionnement chez Rystad Energy.
La perturbation au Qatar s'inscrit dans le cadre d'un choc énergétique régional plus vaste déclenché par le conflit, qui a endommagé des usines de GNL, des raffineries et des infrastructures de carburant à travers le Moyen-Orient.
Rystad estime que les coûts de réparation à ce jour pourraient atteindre au moins 25 milliards de dollars et devraient encore augmenter.
Bien que certaines installations dans le Golfe puissent reprendre leurs opérations d'ici quelques mois, d'autres, en particulier celles qui dépendent d'équipements importés spécialisés, pourraient rester hors service pendant des années, indique le rapport.
L'indisponibilité prolongée à Ras Laffan devrait avoir des répercussions durables sur l'offre mondiale de GNL, en particulier pour les marchés européens et asiatiques qui dépendent fortement des exportations qataries, car les délais de reprise restent contraints par des goulots d'étranglement manufacturiers plutôt que par des ressources financières.
* Traduit de l'anglais par Mariem Njeh
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