Nur Asena Ertürk
31 Mai 2023•Mise à jour: 31 Mai 2023
AA / Ankara / Nur Asena Erturk
Le président français Emmanuel Macron a reproché, mercredi, aux autorités du Kosovo de ne pas avoir respecté l'accord de médiation avec la Serbie, négocié par les ténors de l'UE pour accélérer leur intégration dans l'Union.
"Les autorités kosovares ont décidé de ne pas se conformer à l'accord conclu, au processus qui avait été engagé dans le cadre d'une médiation européenne à laquelle nous avons participé, avec le chancelier (allemand) Olaf Scholz, et qui avait permis de réaliser des progrès significatifs, précisément grâce au négociateur Miroslav Lajcak ainsi qu'à l'implication du chef de la politique étrangère de l'UE, Josep Borrell", a déclaré Emmanuel Macron.
Le président français s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue slovaque Zuzana Caputova, en marge du forum GLOBSEC Bratislava, à Bratislava.
"Nous avons dit très clairement aux autorités kosovares que c'était une erreur de procéder à ces élections dans le cadre qui était, comme vous le savez, celui d'une quasi-absence de participation", a ajouté Macron.
Le chef de l'État français a en outre indiqué qu'il rencontrerait, avec le chancelier allemand Scholz, la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, et le président serbe, Alexandar Vucic, en Moldavie.
"J'espère que demain, en marge du Comité politique de l'Union européenne avec le chancelier Scholz, comme nous l'avons fait à Prague même, nous pourrons réunir la présidente du Kosovo et le président de la Serbie", a-t-il ajouté.
"Il y a très clairement une responsabilité des autorités kosovares dans la situation actuelle et un non-respect d'un accord qui était pourtant important et qui a été renié il y a quelques semaines", a déclaré Emmanuel Macron.
** Élections municipales controversées
Des manifestants serbes se sont rassemblés, dès lundi matin, devant la mairie de Zvecan, ville à majorité serbe située dans le nord du Kosovo, afin d'empêcher les maires albanais nouvellement élus d'entrer dans les locaux de la mairie.
Les manifestants ont tenté de franchir le cordon de police devant la mairie, a déclaré la police dans un communiqué, ajoutant qu'elle avait eu recours au gaz lacrymogène pour disperser la foule.
Les unités de la KFOR ont également fait usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes pour disperser les manifestants, qui n'ont pourtant pas reculé et ont répliqué par des jets de pierres et de bâtons.
Le mois dernier, les Serbes du Kosovo ont boycotté les élections locales organisées dans quatre communes du nord du pays. Selon la Commission électorale centrale du Kosovo (KQZ), seuls 3,47 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes.
Après les élections, l'UE a déclaré, dans un communiqué, que le faible taux de participation n'offrait pas aux communes des perspectives de solutions politiques à long terme.
Face à la montée des tensions dans la région, la Serbie voisine a ordonné à son armée de se déployer le long de la frontière avec le Kosovo, qu'elle revendique comme son propre territoire, et a exhorté l'OTAN à "mettre fin aux violences contre les Serbes du Kosovo".
L'UE exige que le Kosovo et la Serbie parviennent à un accord final et règlent leurs différends pour progresser dans leur intégration au sein de l'Union.
**Relations avec la Slovaquie
Emmanuel Macron a salué 30 ans de relations et de coopération avec la Slovaquie, notant que les deux pays sont des partenaires stratégiques depuis 2008.
"Nous adopterons un plan d'action pour mettre en œuvre ce partenariat stratégique jusqu'en 2027", a ajouté le chef de l'État français.
Il a en outre indiqué que d'importants accords dans le domaine du nucléaire civil et de l'hydrogène seront signés avec la Slovaquie, mercredi.
Le président français a également remercié Bratislava pour la position qu'elle a adoptée concernant la guerre en Ukraine et pour le soutien qu'elle a apporté à Kiev.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj