AA/Kaboul / Shadi Khan Saif
Le Parlement afghan a remis en question, lundi, la réponse du gouvernement concernant la détérioration sécuritaire et économique du pays.
Le président afghan Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, chef de l’exécutif avec lequel il partage le pouvoir, ont été critiqués sur la gestion de la situation du pays, près d’une année après la formation d’un gouvernement d’unité, en septembre 2014.
La première année tumultueuse au pouvoir de Ghani a été entachée par un nombre croissant d’attaques terroristes et une baisse de l’aide humanitaire, en parallèle à une réduction des effectifs militaires à la suite du retrait des troupes étrangères à la fin de 2014.
D’après des sources du gouvernement, les forces armées du pays combattent des insurgés sur 20 fronts et la situation dans les provinces frontalières est particulièrement tendue en raison des tentatives des Talibans d’ancrer leur présence.
Le président du Parlement afghan Abdul Rauf Ibrahimi a déclaré, lundi, que si le gouvernement ne peut pas gérer la situation, il devrait l’admettre.
«Si le gouvernement l’approuve, le Wolesi Jirga [la chambre basse du Parlement] fera appel à des personnalités influentes et des chefs tribaux à travers le pays pour sortir le peuple des troubles sécuritaires, politiques et économiques» a-t-il proposé.
Des députés afghans ont également accusé les membres du cabinet choisis par Ghani et Abdullah de népotisme.
Le ministre afghan de l’Intérieur, Noorul Haq Ulomi, a, quant à lui, été convoqué, lundi, devant le Parlement, pour rendre compte de l’invasion d'une prison durant laquelle des centaines de détenus se sont enfuis dont 148 insurgés Talibans.