Sıdrah Gufran Roghay
31 Mai 2018•Mise à jour: 31 Mai 2018
AA/ Yangon
Le Myanmar a finalement permis, jeudi, aux agences des Nations Unies de contribuer au rapatriement des réfugiés Rohingya qui ont fui vers le Bangladesh voisin.
"Les agences de l'ONU coopéreront avec le gouvernement pour le rapatriement des personnes déplacées qui ont été dûment vérifiées, afin qu'elles puissent rentrer volontairement dans la sécurité et la dignité", a indiqué un communiqué du bureau du conseiller d'Etat Aung San Suu Kyi.
Le gouvernement a annoncé qu'il avait signé un accord avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), leur permettant de s'impliquer dans le processus de rapatriement qui a été très retardé.
"Les agences des Nations Unies ont été appelées à participer aux différentes étapes du retour et de la réinstallation [des réfugiés Rohingyas], et à soutenir l'accès aux moyens de subsistance à travers la conception et la mise en œuvre d'une intervention communautaire", a indiqué le communiqué.
Le Myanmar et le Bangladesh ont signé un accord pour le retour des réfugiés au début de l'année, mais le rapatriement ayant été retardé, le manque d'implication des organisations internationales dans le processus a été de plus en plus préoccupant.
Le gouvernement du Myanmar a affirmé plus tôt ce mois-ci qu'il avait vérifié 1 101 individus sur une liste de plus de 8 000 réfugiés Rohingyas, qui se sont déclarés prêts à retourner dans l'Etat de Rakhine. La liste a été envoyée par le gouvernement bangladais.
Les crimes qui se poursuivent depuis des années contre les Rohingyas, avaient, selon les Nations unies, contraint quelque 826 mille personnes à se réfugier au Bangladesh, 700 mille d'entre eux ayant fui le pays depuis le 25 août dernier.
L'organisation internationale "médecins sans frontières" (MSF), affirme qu'au moins 9 000 personnes appartenant à la minorité Rohingya ont été tuées dans l’Etat d'Arakan (Rakhine), à l'ouest du Myanmar, entre le 25 août et le 24 septembre derniers.
Selon les données de l’Organisation des Nations Unies (ONU), environ 750 mille musulmans Rohingyas du Myanmar, dont 60 % sont des enfants, ont fui au Bangladesh, après une vague de répression lancée par les forces de sécurité birmanes le 25 août dernier. L’ONU, qui a déjà décrit les Rohingyas comme étant "la communauté la plus persécuté au monde", lors de leur répression en 2012, a qualifié cette répression de "nettoyage ethnique".
Au moins 9 mille Rohingyas ont été tués dans l'État d'Arakan au Myanmar entre 25 août et le 24 septembre 2017, selon Médecins sans frontières.
Dans un rapport publié en décembre dernier, le groupe humanitaire mondial a déclaré que la mort de 71,7% de ces victimes, soit environ 6 700 Rohingyas, était causée par la violence. On compte parmi les victimes 730 enfants de moins de 5 ans.
La Turquie a été à l'avant-garde de l'aide aux réfugiés Rohingya, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a soulevé la question à l'ONU.
L'ONU a documenté des viols collectifs, des meurtres massifs - y compris de nourrissons et de jeunes enfants -, des passages à tabac brutaux et des disparitions commises par les forces de sécurité birmanes. Les enquêteurs de l'ONU ont déclaré que de telles violations ont pu constituer des crimes contre l'humanité.