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Le MAE Hakan Fidan déclare que la Türkiye et ses partenaires régionaux s'efforcent d'empêcher l'escalade du conflit

- l’extension du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner de graves conséquences pour la sécurité régionale, l’économie mondiale et les marchés de l’énergie

Mehmet Şah Yılmaz  | 04.03.2026 - Mıse À Jour : 04.03.2026
Le MAE Hakan Fidan déclare que la Türkiye et ses partenaires régionaux s'efforcent d'empêcher l'escalade du conflit

Ankara

AA / Ankara / Mehmet Sah Yilmaz

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que le fait pour l’Iran de bombarder les pays du Golfe « sans aucune distinction » constitue « une stratégie extrêmement erronée », avertissant que cette approche accroît considérablement les risques d’escalade dans la région.

S’exprimant lors d’une émission consacrée à l’actualité sur la chaîne turque TRT Haber, Fidan a estimé que l’extension du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner de graves conséquences pour la sécurité régionale, l’économie mondiale et les marchés de l’énergie.

« L’Iran bombarde sans distinction Oman, le Qatar, le Koweït, Bahreïn, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie. À mon avis, c’est une stratégie incroyablement erronée », a-t-il affirmé, soulignant que ces attaques visent notamment des infrastructures énergétiques cruciales pour la stabilité économique mondiale.

Le chef de la diplomatie turque a également mis en garde contre le risque d’élargissement du conflit si les pays attaqués décident d’exercer leur droit de riposte.

« Les cibles ne sont pas uniquement des bases américaines. Les infrastructures énergétiques et certaines installations civiles sont également visées. Si ces attaques se poursuivent, il sera difficile pour ces pays de rester silencieux », a-t-il déclaré.

Fidan a indiqué que la Türkiye suivait de près les développements à travers des réunions de coordination interinstitutionnelles impliquant notamment le ministère de la Défense et les services de renseignement, précisant que le président Recep Tayyip Erdogan est informé régulièrement de la situation.

Il a souligné que la guerre avait déjà commencé à affecter les marchés de l’énergie et pourrait entraîner une hausse de l’inflation, en particulier en Europe.

Le ministre turc a également estimé que les États-Unis jouaient un rôle clé pour mettre fin au conflit.

« À ce stade, l’acteur capable d’arrêter Israël est aussi l’Amérique. Certaines choses doivent être expliquées très clairement aux États-Unis par les pays de la région et par les pays européens », a-t-il affirmé.

Selon lui, plusieurs consultations sont actuellement en cours entre les pays du Golfe, la Türkiye et les États européens afin d’évaluer les scénarios possibles et d’éviter une aggravation de la crise.

Fidan a indiqué que l’Iran semblait actuellement plus ouvert à un cessez-le-feu, mais qu’il était nécessaire de formuler des arguments susceptibles de convaincre Washington tout en restant acceptables pour Téhéran.

« Il faut trouver un ensemble d’arguments capable de convaincre les États-Unis et supposer que ces arguments pourront être acceptés par les Iraniens », a-t-il déclaré, ajoutant que la Türkiye pourrait également jouer un rôle de médiateur si les conditions nécessaires étaient réunies.

Le chef de la diplomatie turque a par ailleurs évoqué les efforts diplomatiques menés avant le déclenchement de la guerre. Il a rappelé que le président Erdogan s’était entretenu avec le président américain Donald Trump le 27 janvier, alors que Washington était sur le point de prendre une décision concernant une éventuelle attaque.

Fidan a indiqué qu’ils avaient accueilli à Istanbul, le 30 janvier, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dans le cadre des efforts visant à éviter une escalade.

Selon lui, les États-Unis avaient tenté d’imposer simultanément quatre conditions à l’Iran pour résoudre la crise, ce que Téhéran n’avait pas accepté.

La Türkiye avait alors proposé un format de négociation dans lequel deux de ces questions seraient discutées directement entre Washington et Téhéran, tandis que les deux autres seraient examinées avec les pays de la région.

« Pendant un moment, nous avons vu que la guerre, qui pouvait éclater en quelques jours, avait été retardée », a-t-il expliqué, rappelant qu’il avait encore estimé début février que le conflit n’était pas imminent.

La guerre a finalement éclaté le 28 février, a-t-il précisé.

Fidan a souligné que la durée du conflit dépendrait des objectifs poursuivis par les parties impliquées.

« Deux objectifs principaux apparaissent : la neutralisation des capacités militaires de l’Iran ou un changement de régime. Selon ces objectifs, la durée de la guerre, son intensité et son extension régionale peuvent varier », a-t-il expliqué.

Il a également averti que le conflit risquait d’aggraver la situation humanitaire à Gaza et de compromettre les efforts en cours pour parvenir à un cessez-le-feu.

« Nous suivons de près la situation à Gaza tout en travaillant pour arrêter cette guerre », a-t-il conclu, soulignant que la priorité était d’empêcher que la situation régionale ne se détériore davantage.

Les tensions dans la région se sont fortement intensifiées après le déclenchement, le 28 février, d’attaques à grande échelle menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël ainsi que plusieurs pays du Golfe abritant des installations et des bases militaires américaines.

*Traduit du turc par Wafae El Baghouani

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