Şeyma Erkul Dayanç
06 Février 2026•Mise à jour: 06 Février 2026
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
Le gouvernement français va lancer lundi 9 février un appel d’offre pour confier l’hébergement des données de santé des Français à une plateforme française ou européenne, afin de renforcer leur sécurité, selon franceinfo, le média public français. L’annonce officielle interviendra vendredi lors d’un déplacement de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, aux Hospices Civils de Lyon.
Cette plateforme, une base de données centralisée, contient toutes les informations de santé des Français, poids, âge, taille, maladies, traitements, consultations médicales et hospitalières, enregistrées de manière anonymisée pour la recherche. Depuis six ans, l’hébergement est assuré par l’américain Microsoft Azure, ce qui permet théoriquement aux autorités américaines d’accéder à ces données, posant des problèmes de souveraineté et de conformité à la loi française de 2024 sur les données ultra sensibles.
Une solution intermédiaire avait été envisagée avec la copie partielle de la plateforme et un appel d’offre lancé à l’été 2025. Une mission d’expertise gouvernementale a confirmé qu’il était possible d’engager la migration complète vers une solution sécurisée, résiliente et non soumise aux législations extra-européennes. L’appel d’offre initial a donc été clos.
Le nouvel appel d’offre vise à ce que l’ensemble des données soit transféré vers un opérateur certifié français ou européen, qualifié de « bascule vers un hébergement sécurisé et souverain ».
Les candidats potentiels incluent OVH Cloud avec le groupe La Poste, Cloud Temple et Atos, ou encore Orange Business. La copie complète du Système national des données de santé devrait être hébergée d’ici fin 2026, avec attribution du marché prévue fin mars 2026.
Stéphanie Rist a qualifié cette initiative d'« étape structurante pour préparer la mise en œuvre du futur espace européen des données de santé » et de « décisive dans le renforcement de la souveraineté et de la sécurité des données de santé ».
Pour Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, il s’agit d’un « tournant majeur pour la confiance numérique et pour notre souveraineté numérique ».