Ahmad Sehk Youssef
29 Janvier 2017•Mise à jour: 30 Janvier 2017
AA/ Kiev / Ali Cura
Le Congrès mondial des Tatars de Crimée a dénoncé, dans un communiqué, les agissements de la Russie dans la péninsule, s’érigeant notamment contre les arrestations et la mise en détention d’avocats locaux par Moscou.
Le communiqué a considéré que l'arrestation par les autorités russes des avocats Emil Kurbedinov et Nikolai Polozov, constitue une « attaque claire contre le droit à la défense, respecté dans toutes les lois ».
La déclaration, publiée au terme du 7eme Congrès mondial des Tatars de Crimée, tenu dans la capitale ukrainienne, Kiev, a considéré que les arrestations d’avocats constituent « une violation et une atteinte à la Convention européenne des droits de l'homme ».
Le Congrès mondial des Tatars de Crimée a renouvelé sa condamnation des arrestations de Kurbedinov, Polozov, et de l’activiste Seyran Salieva, par les autorités russes.
La semaine dernière, le Service fédéral de sécurité russe avait arrêté Polozov, l’avocat du vice-président de l’Assemblée nationale des Tatars de Crimée, Almi Amirov, avant de le relâcher le même jour.
Le lendemain, le service de sécurité russe a arrêté et mis en détention l’avocat Kurbedinov.
La Russie a annexé la péninsule de Crimée relevant de l’Ukraine, à l’issue d’un référendum tenu unilatéralement le 16 mars 2014, sans tenir compte des lois internationales.
Les Tatars de Crimée forment une population d'origine turque vivant, dans la péninsule éponyme, mais aussi dans les républiques de l'ancienne Union soviétique, les Balkans et la Turquie.
En 1944, sous Staline, le régime soviétique a déporté les Tatars de Crimée dans les camps de Sibérie et dans les pays turcophones d’Asie centrale, à l’époque sous l’autorité de l’Union soviétique. Leurs terres et leurs maisons ont été confisquées pour «haute trahison». Près de 300 mille Tatars de Crimée sont morts dans les trains de déportation.