AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Nos bonnes relations avec la Russie n'impliquent pas que nous reconnaissions l'annexion de la Crimée'', a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.
Cavusoglu a commenté lundi à l'Agence Anadolu (AA) l'évolution de la situation en Crimée, à la suite de la décision unilatérale de la Russie de l'annexer, ainsi que la crise à Chypre sur le partage des réserves d'hydrocarbures, à l'approche de sa visite en Chypre du Nord.
Le chef de la diplomatie turque a évoqué l'engagement initial de la Russie d'accorder des droits ethniques et culturels aux Tatars de Crimée. ''Nous regrettons de devoir dire que la Russie n'a pas tenu ses promesses'', a-t-il déploré.
Les Tatars, dont le nombre est estimé à 280 000, représentent 13% de la population en Crimée, selon le ministère turc des Affaires étrangères.
Cavusoglu a par ailleurs fait savoir que la Turquie s'efforce à établir un dialogue entre Kiev et Moscou. La Russie est le deuxième partenaire commercial de la Turquie après l'Allemagne, a-t-il mis en relief.
Un référendum sur le statut de la Crimée avait eu lieu le 16 mars 2014 et une majorité de la population locale avait voté en faveur d'une intégration à la Russie. Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) n'avaient pas reconnu l'annexion, du fait que la région était occupée par des soldats russes à l'époque.
La Turquie est parmi les pays qui s'opposent à l'annexion et défendent l'intégrité territoriale de l'Ukraine, pourtant elle n'a pas imposé les sanctions économiques adoptées par l'Occident contre la Russie.
- La question chypriote -
Cavusoglu a réitéré l'opposition de la Turquie et du gouvernement de la République turque de Chypre du Nord à tout acte ''unilatéral'' de l'administration chypriote grecque visant à explorer les ressources en hydrocarbures aux alentours de l'île, affirmant que les réserves doivent être exploitées d'une manière égalitaire.
Les négociations de paix entre la République turque de Chypre du Nord et l'administration chypriote grecque avaient été relancées après deux ans de pause en février 2013. L'administration chypriote grecque avait unilatéralement suspendu les pourparlers le 8 octobre, en réponse au déploiement des navires de combat turcs dans la zone de recherche de gaz au large des côtes de l'île.
Cavusoglu a mis en exergue que la Grèce et l'administration chypriote grecque sont toutes les deux en pleine transition politique. ''Cela est le plus grand obstacle à la prise de mesures constructives par des hommes politiques dans les deux pays''.
Le ministre turc effectuera une visite en République turque de Chypre du Nord mercredi pour échanger les points de vue sur l'état actuel de la question chypriote.