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Le coeur de la cause palestinienne: Jérusalem (Infographie)

- La décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme "la capitale d'Israël" s’est concrétisée par le transfert de l'ambassade américaine, ce lundi, dans la ville occupée.

Turgut Alp Boyraz  | 15.05.2018 - Mıse À Jour : 17.05.2018
Le coeur de la cause palestinienne: Jérusalem (Infographie)

Quds

AA - Jérusalem

La Palestine, occupée par les Britanniques il y a un siècle, ainsi que Jérusalem, coeur même de l’affaire palestinienne, a vécu, ce lundi, l'un des jours les plus sombres de son histoire.

En effet, ce lundi, les États-Unis a transféré officiellement leur ambassade à Jérusalem. 

De la sorte les efforts inhumains et illégitimes, mis en oeuvre par Israël pendant de longues années, pour faire de Jérusalem une ville juive ont pris une nouvelle dimension.

À travers le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, l’administration de Tel Aviv espère conférer une "légitimité internationale" à l'invasion de la ville.

Le président américain, Donald Trump, a participé, via un système de téléconférence, à l'ouverture de l'ambassade des États-Unis, qui est transférée à Jérusalem lors d’une cérémonie à l’occasion de cette journée commémorative qualifiée de "Nakba", grande catastrophe en français (en référence à l’expulsion des Palestiniens de leurs terres).

Des affiches sur lesquelles sont inscrites "Trump ami des sionistes" et "Trump rend Jérusalem magnifique", ont été placardées dans de nombreuses rues de Jérusalem.

Le panneau de signalisation indiquant l'ambassade des États-Unis à Jérusalem a été mis en place par le maire israélien de Jérusalem lui-même, Nir Barkat.

Alors que la partie israélienne commémorait cette journée de manière festive, du côté palestinien, pourtant principale propriétaire de la ville, une grande déception s’est dessinée.

Cependant, les Palestiniens se sont réunis afin d’exprimer leurs réactions à la décision américaine.

Selon le dernier bilan provisoire, 59 Palestiniens sont tombés en martyrs tandis que plus de 2 271 ont été blessés par les tirs des soldats israéliens.


- Comment en est-on arrivé là ?

Jérusalem-Est, première "Qibla" (direction vers laquelle doit se tourner le musulman pour prier) et lieu du voyage de l'ascension du Saint Prophète Muhammad, vit des jours difficiles depuis qu'elle n'est plus sous la souveraineté de l'Empire ottoman (1917).

Israël, qui a occupé Jérusalem-Est en 1967, a travaillé dur pendant un demi-siècle afin de faire de cet endroit une ville juive.

En plus de l'ancienne ville entourée de murailles et de Masjid Al-Aqsa, les lieux les plus saints des chrétiens et des juifs sont également situés à Jérusalem-Est.

C'est la raison pour laquelle Jérusalem-Est est au cœur de l'affaire palestinienne.

Grâce à une loi adoptée en 1980, le Parlement israélien a déclaré Jérusalem, ouest et est, comme « capitale réunifiée » d'Israël, ce qui a de facto, officialisé l'annexion de la ville.

La décision de Trump, en décembre 2017, de transférer son ambassade dans la ville occupée, fait des États-Unis le premier pays à reconnaître Jerusalem comme capitale d’Israël.

Suite à cette décision des États-Unis, l'organisation de coopération islamique (OCI), qui s’est rassemblée à Istanbul, a déclaré "Jérusalem-Est capitale de la Palestine" et a appelé le monde entier à reconnaître Jérusalem comme la capitale de l'État palestinien.


- Histoire de l'occupation de Jérusalem-Est

Le statut de Jérusalem-Est est l'un des plus grands obstacles à la résolution de la question israélo-palestinienne.

Le plan de partage de la Palestine, adopté par l'ONU en 1947, qui prévoyait de partager les territoires palestiniens entre les juifs et les arabes, envisageait d'octroyer à Jérusalem un statut particulier, en raison de la sainteté qu'elle représente dans les trois religions monothéistes.

Toutefois, les forces sionistes ont repris l'ouest de Jérusalem pendant la guerre en 1948. Puis, en 1967, Israël a saisi l'est de la "vieille Jérusalem", entourée par les fortifications et sous contrôle, à l'époque, de la Jordanie. Israël a alors déclaré que leurs lois seraient désormais appliquées dans la ville et ce, en violation du droit international.

De la sorte, Israël a, dans les faits, annexé Jérusalem-Est.

En réponse, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 478, qui a invalidé la déclaration israélienne.

La communauté internationale, y compris les États-Unis, considère Jérusalem-Est sous occupation.

L’administration Trump, qui a attiré les foudres de la communauté internationale, a ignoré les avertissements selon lesquels la région serait entraînée dans le chaos et que le conflit israélo-palestinien deviendrait encore plus irrésolvable.

Les ambassades de l’ensemble des pays qui reconnaissent Israël sont situées à Tel Aviv. Conformément à la décision de Trump, les États-Unis transfèrent, ce lundi, à Jérusalem, leur ambassade située à Tel Aviv.

L'annexion illégale de Jérusalem-Est par Israël constitue une violation du principe résultant du droit international selon lequel "la puissance occupante n'a pas droit à la domination sur les territoires occupés".


- L’ancienne ville arrachée à la Palestine

D’un autre côté, la Palestine est probablement plus seule et silencieuse qu’elle ne l’a jamais été à travers son histoire.

Parce qu'environ trois millions de Palestiniens, vivant en Cisjordanie, ne peuvent pas entrer à Jérusalem à cause du mur qu'Israël a construit autour de la ville.

Deux millions de Palestiniens, qui vivent dans la bande de Gaza sous le blocus, ne peuvent entrer à Jérusalem.

Les cinq millions de réfugiés palestiniens, dispersés de part et d’autre du monde, sont privés de leur plus grand rêve qu’est la possibilité d’un éventuel retour à Jérusalem.

Le nombre de Palestiniens, vivant à Jérusalem-Est sous occupation israélienne aujourd’hui, s’élève à un peu plus de 300 mille habitants.

Ces derniers sont également confrontés à de nombreuses menaces allant des arrestations arbitraires à la destruction de leurs foyers.

La décision de Trump a davantage augmenté la colère et la déception de ces gens.

Ils sont les citoyens d'aucun pays

Les Palestiniens qui vivent à Jérusalem-Est, ne sont pas reconnus comme citoyens d'Israël et ne disposent, ainsi, d'aucun droit.

Environ 420 mille Palestiniens, habitants Jérusalem-Est, ont le droit de séjourner grâce aux "Cartes d'identités de Jérusalem" octroyées par les autorités israéliennes.

Lesdits Palestiniens disposent également, d'un passeport Jordanien, mais ces passeports n'ont pas de numéro de citoyenneté. Cela signifie, qu'ils ne sont pas « entièrement » reconnus comme citoyens Jordaniens et ne peuvent, par conséquent, ni travailler en Jordanie, ni bénéficier des services publics.

En bref, les centaines de milliers de Palestiniens vivant à Jérusalem Est, se retrouvent ainsi coincés entre ces deux pays et vivent "sans État".

14 mille Palestiniens forcés à quitter Jérusalem Est

Les Palestiniens qui ont le droit de séjourner à Jérusalem, en vertu de la "Carte d'identité de Jérusalem", se voient, toutefois, destitués de ces droits pour des motifs invraisemblables.

Parallèlement, le droit de construire n'est reconnu à aucun Palestinien afin de les contraindre à quitter la ville.

Le séjour de ces Palestiniens, dans la ville de Jérusalem, dépend d’un certain nombre de conditions. A partir du moment, où ils quittent Jérusalem et au-delà d'une certaine durée, les Palestiniens ont interdiction d'y retourner.

Enfin, l'individualisation des crimes, principe indispensable en droit pénal, qui consiste à punir le seul et unique coupable d'un crime, n'est aucunement respecté.

En effet, lorsqu'un acte, qualifié d'acte terroriste par les autorités israéliennes, est commis par un Palestinien, la famille entière est tenue responsable.

C'est pourquoi, les habitants de la ville de Jérusalem, vivent dans la crainte perpétuelle de l’exil.

Selon les données publiées par l'autorité des Droits de l'Homme d'Israël « B'Tselem », 14 mille Palestiniens ont été destitués, depuis 1967, de leur droit de séjour et ont été contraints de quitter Jérusalem-Ouest.

D'un autre côté, Israël, appelle les juifs à rentrer pour s'installer à Jérusalem-est et obtenir la citoyenneté israélienne.

200 mille Juifs vivent illégalement à Jérusalem-Est

L’administration israélienne, qui tente de modifier la structure démographique de Jérusalem-Est au profit des juifs, a procédé à la construction de dix colonies destinées à accueillir les colons et ce, au détriment du droit international.

Aujourd'hui plus de 200 mille juifs habitent Jérusalem-Est dont l’accès est interdit aux non juifs.

En y ajoutant davantage d’habitations l’administration israélienne tente d’augmenter la population juive de la ville.

Au cours de la dernière année, le gouvernement Israélien a pris la décision de construire des dizaines de milliers d’habitations pour les colons juifs de Jérusalem-Est, ce qui signifie l’apparition d’un changement démographique au profit des colons.


- Israël ignore les décisions des Nations-Unies

Les constructions juives d’Israël au sein de Jérusalem-Est, sous occupation, et de la Cisjordanie, sont illégales en vertu du droit international.

Israël poursuit ses politiques d'occupation et d'élargissement, ignorant les réactions du monde.

Dans une décision rendue le 23 décembre 2016, pendant le mandat de l'ancien président américain Barack Obama, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies a exigé que toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés d'Israël cessent "immédiatement et complètement".

Toutefois, la décision du Conseil de sécurité n’a pas fait reculer Israël.

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