Feride Pelin İnal,Ayşe Betül Gedikoğlu
22 Mars 2018•Mise à jour: 23 Mars 2018
AA - Gaziantep (Turquie)
Le "Café de la Joie" est un projet mis en oeuvre par la municipalité métropolitaine de Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, qui vise à sensibiliser le grand public sur un sujet méconnu, celui de la trisomie 21 (syndrome de Down).
Avec son équipe composée d’employés atteints de trisomie 21, le café a pour objectif de sensibiliser le grand public "non pas un jour de l’année mais tous les jours" et favoriser la socialisation de ces jeunes et ainsi faciliter leur intégration dans la société.
Les jeunes employés du café, qui passaient la majeure partie de leur temps à la maison, ont désormais, grâce à leur emploi, la satisfaction de participer à la vie sociale et de gagner leur propre argent.
Les parents et proches de ces jeunes sont eux aussi ravis et satisfaits de ce projet.
Nevin Altiparmak, une jeune femme âgée de 22 ans et employée dans ce café, affirme être très contente de son travail.
"Ici, je sers du thé et du café. Je danse. Les clients m’aiment beaucoup. Moi aussi je les aime beaucoup, j’aime tout le monde. Je suis très heureuse, ma mère aussi est très heureuse", a-t-elle déclaré.
Un autre serveur du café, Ozan Can Tutar, âgé de 25 ans, a confié : "Je sers du thé et du café. Ma mère est très contente. J’aime mes amis d’ici".
Enfin, Okan Behram, âgé de 19 ans, a affirmé: "Je suis très heureux de travailler ici. Je sers du thé et du cola. J’aime beaucoup ce café et les autres travailleurs. Je vais aller à l’armée puis revenir. Je vais ensuite me marier avec la fille que j’aime. C’est une personnes très spéciale, je l’aime".
La mère de Nevin Altiparmak s’est aussi exprimée au micro de l’agence Anadolu. Elle a indiqué avoir constaté que "beaucoup de choses ont changé dans leur vie" depuis que sa fille a commencé à travailler.
"Ma fille a changé grâce à cela. Avant elle était toujours à la maison et ne voulait pas sortir. Beaucoup de choses ont changé depuis qu’elle est arrivée ici. Même physiquement, cela a eu un effet positif sur son développement musculaire. Elle avait des problèmes de poids, elle a commencé à maigrir. Elle a progressé dans ses relations humaines. Nous remercions toutes les personnes qui ont contribué à la mise en place de ce projet", a-t-elle dit.
"Ici, il y a sept jeunes. Ils ont changé la vie de chacun d’entres eux. Elle se réveille avec joie chaque matin et se prépare. Cela a renforcé son estime de soi. Quand je la vois heureuse, je suis heureuse", a-t-elle poursuivi.
Pour conclure, Nevin Altiparmak a appelé les parents ayant des enfants atteints de ce syndrome à ne pas baisser les bras et à soutenir leurs enfants.
"Ces enfants sont remplis de valeurs humaines. Ils ne mentent pas et sont très affectueux. Ils ne portent en eux aucune mauvaise pensée et n’ont aucun comportement négatif", a-t-elle partagé.
Pour Guler Tutar, la mère d’Ozan, le "Café de la Joie" a été un tournant dans leur vie.
"Nous commencions à avoir de sérieux problèmes psychologiques. Ce café a tout changé […]. Ozan était dérangé par les regards, il ne voulait plus sortir dans la rue. Il me disait qu’il ressentait les regards des gens sur lui. Depuis qu’il a commencé à travailler dans ce café, ses troubles du sommeil et de la concentration ont diminué. Il sent qu’il est valorisé. Il adore qu’on l’appelle Monsieur Ozan. Sa confiance en soi a été renforcée", a-t-elle expliqué.