Le Bundestag condamne les violences infligées aux musulmans Rohingyas
La résolution allemande critique, d’autre part, la dirigeante birmane, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, pour son silence face aux violences qu’exerce l’armée du Myanmar contre les musulmans Rohingyas. Cüneyt Karadağ
20 Avril 2018•Mise à jour: 20 Avril 2018
AnkaraAA/ Berlin/ Cüneyt Karadağ
Le Parlement allemand (Bundestag) a condamné, vendredi, les violences infligées à la minorité Rohingyas dans l’Etat d’Arakan [Rakhine] dans l’ouest du Myanmar.
Les partis "Alternative pour l'Allemagne" (AFD), "l’Union chrétienne-démocrate d'Allemagne" (CDU), "l’Union chrétienne-sociale en Bavière" (CSU), le "Parti social-démocrate d'Allemagne" (SPD), le "Parti libéral-démocrate" (FDP), "L'Alliance 90 / Les Verts" ainsi que le parti "Die Linke" (La Gauche) ont soumis au Bundestag un projet de résolution conjoint condamnant les violences infligées au Rohingyas, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Les députés allemands ont voté en faveur du projet de résolution, vendredi lors d’une session du Parlement, ajoute le correspondant.
La résolution prévoit de condamner la violence que subissent les musulmans Rohingyas et réclame la cessation des violations des droits de l’homme au Myanmar. Elle appelle, également, à autoriser les organisations internationales d’aides humanitaires à accéder sans restrictions en Birmanie.
La résolution allemande critique, d’autre part, la dirigeante birmane, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, pour son silence face aux violences qu’exerce l’armée du Myanmar contre les musulmans Rohingyas.
Les représentants des partis précités ont, par ailleurs, appelé le gouvernement birman à octroyer la citoyenneté et les droits politiques aux musulmans de l’Etat de Rakhine.
Les crimes qui se poursuivent depuis des années contre les Rohingyas, avaient, selon les Nations unies, contraint quelque 826 000 personnes à se réfugier au Bangladesh, 656 000 d'entre eux ayant fui le pays depuis le 25 août dernier.
Selon l'organisation internationale "médecins sans frontières" (MSF), pas moins 9 000 personnes appartenant à la minorité Rohingyas avaient été tuées dans l’Etat d'Arakan (Rakhine), à l'ouest du Myanmar, entre le 25 août et le 24 septembre derniers.
L’ONU avait documenté le recours de membres des forces de sécurité du Myanmar, aux viols collectifs à large échelle, aux meurtres de nourrissons et de jeunes enfants, ainsi que leur implication dans des passages à tabac brutaux et des cas de disparitions.
Les enquêteurs de l'ONU avaient rendu un rapport décrivant ces abus "comme étant des crimes contre l'humanité".