AA - Buenos Aires - Bilal Muftuoglu
L'administration fiscale fédérale argentine a suspendu les opérations commerciales de Procter & Gamble (P&G) après la fuite d'informations selon lesquelles le fabricant américain des produits de consommation a transféré illégalement des devises à l'étranger.
L'administration argentine a affirmé que "P&G Argentine" a surfacturé de 138 millions de dollars de plus ses importations, notamment des produits hygiéniques et des rasoirs.
Les produits arrivaient depuis le Brésil alors que le paiement était consigné à travers un négociant suisse, ce qui a permis à la P&G de sortir la devise américaine du pays et de payer moins d'impôts.
''Notre objectif principal est d'assurer que la P&G rembourse les dollars sortis du pays à la banque centrale et qu'elle paie les pénalités douanières ainsi que l'impôt sur le revenu dû à la manipulation des prix de transfert'', a annoncé Ricardo Echegaray, un haut responsable de la trésorerie, dans un communiqué.
''Nous devons mettre fin à ce type de fraudes commises par les sociétés multinationales'', a-t-il indiqué, ajoutant que cette pratique prive le pays d'avoir des fonds pour le financement de l'éducation, de la santé et des services publics.
P&G Argentina a aussi omis de déclarer des importations d'une valeur de 19 millions de dollars américains, a fait savoir Echegaray.
La société, connue pour ses marques globales telles que Duracell, Gillette et Pampers n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire.
L'administration fiscale a noté qu'elle a entamé une poursuite judiciaire requérant l'imposition d'une interdiction de sortie du territoire aux directeurs de l'entreprise jusqu'à la résolution de l'affaire.
Le gouvernement de la Présidente Cristina Fernandez de Kirchner renforce la lutte contre l'évasion fiscale et la fuite des capitaux afin de stimuler la perception des impôts et d'augmenter les réserves de devises étrangères du pays, estimé actuellement à 28 milliards de dollars, contre 53 milliards de dollars en 2011.
Contrairement à plusieurs pays, la troisième économie d'Amérique latine ne peut emprunter sur les marchés internationaux pour renforcer ses réserves en raison des revendications légales par les créanciers de plus de 15 milliards de dollars dus au défaut de paiement déclaré par le pays en 2001.