Mevlüt Özkan,Riyaz Khaliq Khaliq
03 Février 2025•Mise à jour: 08 Février 2025
AA / Istanbul / Mevlüt Özkan / Riyaz Khaliq Khaliq
L'Afrique du Sud a rejeté lundi les affirmations du président américain Donald Trump, déclarant que Pretoria n'avait "pas confisqué" de terres.
"La loi récemment adoptée sur l'expropriation n'est pas un instrument de confiscation, mais un processus légal imposé par la Constitution qui garantit un accès équitable et juste à la terre, conformément à ce que stipule la Constitution", a déclaré le président Cyril Ramaphosa dans un communiqué.
"Le gouvernement sud-africain n'a pas confisqué de terres."
Cette déclaration de Pretoria fait suite aux menaces de Trump dimanche dernier, qui avait annoncé qu'il allait suspendre tout financement futur à l'Afrique du Sud en raison d'une prétendue confiscation de terres et du mauvais traitement réservé à "certaines catégories de personnes".
"L'Afrique du Sud confisque des terres et traite certaines catégories de personnes de manière très mauvaise. Il s'agit là d'une situation grave que les médias de gauche radicaux semblent volontairement ignorer. Une violation flagrante des droits de l'homme, au minimum, se déroule sous les yeux du monde entier", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.
Les déclarations de Donald Trump ont eu lieu après que le président sud-africain Cyril Ramaphosa ait signé, le mois dernier, la nouvelle loi sur l'expropriation, remplaçant ainsi la législation de 1975, en vigueur sous le régime pré-démocratique.
Cette nouvelle législation définit le processus par lequel les entités de l'État peuvent exproprier des terres dans l'intérêt public à diverses fins.
Trump a affirmé que les États-Unis cesseraient tout financement à l'Afrique du Sud jusqu'à ce qu'une enquête approfondie soit menée sur cette affaire.
Cependant, Ramaphosa a rappelé que l'Afrique du Sud était une "démocratie constitutionnelle profondément enracinée dans l'état de droit, la justice et l'égalité".
Il a précisé que l'Afrique du Sud ne recevait que des financements pour la prévention du VIH/SIDA. "Il n'y a pas d'autres financements reçus par l'Afrique du Sud de la part des États-Unis".
"L'Afrique du Sud, comme les États-Unis d'Amérique et d'autres pays, a toujours eu des lois d'expropriation qui équilibrent le besoin d'utilisation publique des terres et la protection des droits des propriétaires", a ajouté Ramaphosa, soulignant que Pretoria se réjouissait d'engager un dialogue avec l'administration Trump sur la politique de réforme foncière et d'autres questions bilatérales.
"Nous sommes certains qu'à l'issue de ces échanges, nous partagerons une meilleure compréhension commune sur ces questions", a-t-il insisté, qualifiant les États-Unis de "partenaire politique et commercial stratégique clé pour l'Afrique du Sud".
Les conseillers de Trump invités à "approfondir leur compréhension" des politiques de l'Afrique du Sud.
Pretoria soutient que la législation amendée remplace la loi sur l'expropriation de l'époque de l'apartheid de 1975 afin de corriger les injustices historiques liées à la propriété foncière en Afrique du Sud.
L'apartheid était un système de ségrégation raciale en Afrique du Sud de 1948 à 1994, où la minorité blanche opprimait la majorité non blanche par le biais de lois discriminatoires.
Par ailleurs, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a invité les conseillers de Trump à utiliser cette "période d'investigation pour approfondir leur compréhension des politiques de l'Afrique du Sud en tant que démocratie constitutionnelle".
"De telles perspectives garantiront une approche respectueuse et éclairée de nos engagements démocratiques", a-t-il déclaré sur X.
Pendant le premier mandat du président américain, Ramaphosa avait estimé que Trump était "mal informé" sur la question des terres en Afrique du Sud, accusant des "groupes marginaux" de faire pression aux États-Unis.
"Ces individus à l'étranger, qui adhèrent à ce discours affirmant que les Blancs en Afrique du Sud seraient menacés, perçoivent la situation à travers le prisme d'une opposition entre noirs et blancs. Or, l'Afrique du Sud s'est depuis longtemps affranchie de cette vision réductrice", avait déclaré Ramaphosa en 2018.
* Traduit de l'anglais par Sanaa Amir