AA / Ankara / Merve Berker - Serdar Dincel
Selon le ministère turc de la Défense, Ankara considère la coopération en matière de défense avec la nouvelle administration syrienne comme une étape "importante" pour les deux pays et pour la stabilité régionale.
Lors du point de presse hebdomadaire du ministère turc de la Défense, le porte-parole Zeki Akturk a expliqué que la coopération bilatérale avec la Syrie représente une priorité pour la Türkiye en termes de stabilité nationale et régionale.
Il a indiqué qu'un nouveau chapitre s’est ouvert en Syrie après une période sombre sous le régime du parti Baath.
"Nous soutenons les étapes vers la paix, la tranquillité et la sécurité. Nous soutenons les mesures en faveur de la paix, de la tranquillité et de la stabilité, et nous affirmons la nécessité de préserver l'intégrité territoriale et la structure unitaire de notre voisin. Nous réitérons notre soutien à l'appel et aux efforts de la nouvelle administration syrienne en faveur d'une armée unifiée, ainsi que notre désir de travailler conjointement avec elle sur la lutte contre le terrorisme", a déclaré le responsable turc.
Zeki Akturk a évoqué la branche syrienne du PKK, groupe terroriste responsable de la mort d'environ 40 000 personnes depuis des décennies.
"Nous réaffirmons qu'aucune place ne sera faite pour les entités terroristes, y compris Daech, le PKK/YPG ou leurs extensions, dans l'avenir de la Syrie et de notre région. Nous ne le leur permettrons pas", a-t-il souligné.
Et de poursuivre: "Les efforts visant à assurer le retour volontaire, sûr et digne des Syriens se poursuivront, et comme toujours, nous soutiendrons le peuple syrien à l'avenir, comme nous l'avons fait jusqu'à présent.
La Türkiye a accueilli, tout au long de la guerre civile syrienne, quelque 4 millions de Syriens, soit plus que n'importe quel autre pays au monde.
Zeki Akturk a souligné l'importance de la coopération entre les forces armées turques et la nouvelle administration syrienne dans les jours à venir, la qualifiant non seulement d'opportunité significative pour les intérêts des deux pays, mais aussi pour la paix et la stabilité régionales.
"Grâce à la solide infrastructure de l'industrie de la défense de la Türkiye, à son expertise en matière de technologies de défense et à l'expérience de combat de son armée, qui est un exemple pour de nombreux pays, nous pensons qu'elle contribuera de manière significative au renforcement de la sécurité et des capacités de défense de la Syrie", a-t-il noté.
Zeki Akturk a également mis l'accent sur les opérations préventives menées par la Türkiye sur son territoire et au-delà de ses frontières afin d'éliminer totalement la menace terroriste qui pèse sur elle et de contribuer à la sécurité et à la stabilité de la région.
"Au cours de la semaine écoulée, il y a eu de nombreuses attaques terroristes contre la Syrie, mais elles ont été déjouées. Au cours de la semaine écoulée, 72 tentatives de harcèlement et d'attaque ont été menées contre nos unités, 17 en Irak et 55 dans les zones d'opération en Syrie", a-t-il affirmé.
Et de préciser : "Les réponses immédiates et proportionnelles à ces harcèlements et attaques, qui portent également atteinte aux civils de la région, ainsi que les opérations en cours, ont permis de neutraliser 62 terroristes au cours de la semaine écoulée, y compris dans le nord de l'Irak et de la Syrie. Ainsi, le nombre de terroristes neutralisés cette année s'élève à 3 02."
Zeki Akturk a ajouté qu'au cours de la semaine écoulée, deux terroristes du PKK se sont rendus aux postes-frontières et une grotte contenant de nombreuses armes, des munitions et des fournitures a été découverte lors d'opérations de recherche dans le nord de l'Irak.
- "La Syrie appartient aux Syriens"
Pour Zeki Akturk, la Syrie est "entrée dans une nouvelle ère"
"La Syrie appartient désormais à son peuple. Comme nous l'avons fait jusqu'à présent, nous continuerons à soutenir le peuple syrien à l'avenir. Dans ce contexte, sans compromettre la lutte contre le terrorisme, nous maintiendrons une coopération et une coordination étroites avec la nouvelle administration afin de garantir l'intégrité territoriale, l'unité politique, la sécurité et la stabilité de la Syrie", a-t-il souligné.
Il a également mentionné que les régions de Manbij et du barrage de Tishrin, dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque, étaient sous le contrôle de l'armée nationale syrienne, soutenue par la Türkiye, et que les allégations d'avancées terroristes dans ces zones ne correspondaient pas à la réalité sur le terrain.
"Il ne faut pas croire les mensonges du groupe terroriste PKK/YPG, qui essaie de se présenter comme s'il était en bonne position. L'organisation terroriste PKK/YPG déposera les armes ou sera anéantie. Les membres non syriens du groupe terroriste quitteront la Syrie. Ceux qui sont citoyens syriens déposeront leurs armes et l'administration syrienne déterminera s'ils seront intégrés au nouveau système et comment", a-t-il dit.
Et de poursuivre : "Par nos déclarations et nos rencontres avec la nouvelle administration syrienne, nous faisons savoir que l'organisation terroriste n'a pas d'autre choix que de désarmer, et que notre détermination à cet égard est absolue. Nous constatons que nous sommes d'accord avec la nouvelle administration syrienne sur cette question."
Au cours de sa campagne de terrorisme de plus de 35 ans contre la Türkiye, le PKK - inscrit sur la liste des organisations terroristes par la Türkiye, les États-Unis et l'Union européenne - a été responsable de la mort de plus de 40 000 personnes, dont des femmes, des enfants et des nourrissons. Le YPG est la branche syrienne du PKK.
Le groupe terroriste PKK/YPG cherche à exploiter le climat d'incertitude qui règne depuis la chute du régime d'al-Assad pour intensifier ses efforts en vue d'établir un "corridor terroriste" le long de la frontière avec la Türkiye.
Bachar al-Assad, qui a dirigé la Syrie pendant près de 25 ans, s'est réfugié en Russie après que des groupes anti-régime ont pris le contrôle de Damas le 8 décembre, mettant fin au régime du parti Baas, au pouvoir depuis 1963.
Cette prise de contrôle a eu lieu après que les combattants de Hay’et Tahrir al-Sham (HTS) se sont emparés de villes clés au cours d'une offensive éclair qui a duré moins de deux semaines. Les combattants anti-régime ont revendiqué le contrôle du centre-ville de Deir ez-Zor le 11 décembre.