Elena Teslova
26 Février 2026•Mise à jour: 26 Février 2026
AA / Moscou / Elena Teslova
La Russie a exposé jeudi ses attentes concernant le prochain chef de l’ONU, alors que le mandat du secrétaire général Antonio Guterres expire le 31 décembre.
Dans un entretien accordé à l’agence de presse russe Tass, Kirill Logvinov, directeur du département des organisations internationales du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré que le futur secrétaire général devra respecter strictement la Charte des Nations unies et agir en pleine conformité avec ses principes, sans exception.
Il a indiqué que la Russie « examine attentivement les candidats et enregistre leurs positions sur les principaux problèmes internationaux et sur la réforme de l’ONU », qu’il a jugée « nécessaire pour restaurer le prestige de l’organisation ».
« Le futur secrétaire général des Nations unies doit suivre strictement la Charte, appliquer ses principes de manière consciencieuse et non sélective, et s’abstenir d’éroder le caractère intergouvernemental de l’ONU ainsi que de violer le principe de la “division du travail” entre les principaux organes de l’organisation », a-t-il souligné.
Selon Logvinov, un aspect important concerne la composition du personnel du Secrétariat de l’ONU, qu’il estime avoir été « sans exagération, monopolisé par les Occidentaux ».
« La plupart des postes de direction sont occupés par des représentants de la minorité occidentale ou par des responsables disposant d’une double nationalité occidentale. La situation actuelle nécessite une correction urgente. Le recrutement devrait être effectué sur la base géographique la plus large possible, comme le prévoit l’article 101 de la Charte des Nations unies », a-t-il insisté.
Logvinov a précisé que la Russie accordera « une importance particulière » aux positions des candidats sur la crise ukrainienne.
« Nous attendons du futur chef du Secrétariat de l’ONU qu’il prenne dûment en compte nos préoccupations, notamment la compréhension que l’élimination des causes profondes de la situation actuelle est la clé d’un règlement pacifique à long terme », a-t-il indiqué.
« Nous entendons aborder la sélection d’une personnalité spécifique avec la plus grande rigueur, en tenant compte de son parcours, de ses intentions déclarées et, surtout, du degré d’alignement de ses positions sur les questions à l’ordre du jour de l’ONU », a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs critiqué Guterres, estimant qu’il néglige souvent l’article 100 de la Charte des Nations unies, qui exige impartialité et objectivité, notamment concernant la crise ukrainienne.
« S’il y a peu d’espoir d’une “correction” de l’actuel secrétaire général de l’ONU, la partie russe travaillera bien entendu étroitement et de manière préventive sur cette question avec son éventuel successeur », a-t-il conclu.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz