Turgut Alp Boyraz,Mustafa Melih Ahıshalı,Ayvaz Çolakoğlu
08 Octobre 2020•Mise à jour: 08 Octobre 2020
AA / Istanbul / Jérusalem
Il convient de noter les déclarations contradictoires de l'Iran concernant l'action militaire menée par l'armée azerbaïdjanaise pour libérer le territoire du Haut-Karabakh, qui est sous occupation arménienne depuis 30 ans.
Des responsables iraniens affirment que le Haut-Karabakh est un territoire azerbaïdjanais et devrait être restitué à Bakou, tout en niant les allégations selon lesquelles ils fournissent des armes à l'Arménie.
Cependant, la police iranienne est intervenue durement et a empêché des citoyens d'organiser des manifestations dans plusieurs villes pour soutenir l'Azerbaïdjan dans sa cause légitime. La police de la ville d'Erdebil a même utilisé des balles en caoutchouc contre les manifestants.
Bien que l'Azerbaïdjan ait annoncé qu'il n'arrêterait pas l'opération sans libérer son territoire occupé, Téhéran appelle à un cessez-le-feu le plus rapidement possible.
Ali Akbar Velayeti, conseiller en relations internationales du dirigeant iranien Ali Khamenei, est allé jusqu'à accuser la Turquie en raison de cette guerre qui a commencé en raison de la provocation de l'Arménie.
"Cette guerre est contre les intérêts des peuples des deux pays et la sécurité de la région. Certains à l'extérieur provoquent la guerre. Comme le régime sioniste (Israël) et la Turquie. Pourquoi la Turquie insiste-t-elle au sujet de la guerre?
Au lieu de verser de l'essence sur le feu, nous conseillons à nos amis en Turquie d'aider à libérer le territoire occupé de l'Azerbaïdjan. Au lieu d'encourager les parties belligérantes ou l'une des parties à la guerre, la Turquie devrait encourager la paix", a déclaré le conseiller Velayeti.
- Des images montrent des camions transportant des armes en Arménie
Des Images de camions traversants la frontière iranienne en direction de l'Arménie ont été publiées sur les réseaux sociaux, laissant l'administration de Téhéran dans une position difficile.
Aliyar Rastgu, vice-gouverneur de la province iranienne de l'Azerbaïdjan oriental, a confirmé à l'agence officielle iranienne IRNA, le 29 septembre, que des camions Kamaz achetés par l'Arménie à la Russie avaient traversé la frontière iranienne pour entrer en Arménie, mais a fait valoir que les camions ne transportaient pas de matériel militaire.
Interrogé sur l'envoi d'armes d'Iran en Arménie par le correspondant de l'Agence Anadolu (AA), le porte-parole du gouvernement Ali Rebii a déclaré:" je suis conscient du jeu trouble. Certains ciblent la solidarité culturelle de l'Iran avec les habitants de la région à travers leurs mauvaises actions. L'aide militaire ou d'autres questions ne sont en aucun cas la politique ou la stratégie de l'Iran. Nous avons souligné à plusieurs reprises l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan et la nécessité d'évacuer les villes occupées. L'évacuation des territoires occupés appartenant à l'Azerbaïdjan est une question que l'Iran souligne constamment."
- Répression policière des manifestations de soutien à l'Azerbaïdjan
À Erdebil, en Iran, le peuple voulait organiser une manifestation de soutien à l'Azerbaïdjan. 12 des personnes arrêtées après une intervention brutale de la police ont été inculpées pour "insulte" au dirigeant du pays, Ali Khamenei.
Des manifestations de soutien à l'Azerbaïdjan ont également eu lieu dans la capitale Téhéran et les villes de Tabriz et Urumiya, où les Turcs sont nombreux. Les manifestants se sont rassemblés dans les rues de Téhéran menant à la place Imam Hussein et ont brûlé le drapeau arménien, scandant des slogans de soutien à l'Azerbaïdjan.
- La Police a utilisé des balles en caoutchouc contre le public
Lors d'une manifestation sur la rue Shariati et la place Rasta Bazar dans le centre-ville de Tabriz, des milliers d'azerbaïdjanais Iraniens ont appelé à la fermeture du poste-frontière entre l'Arménie et l'Iran, scandant "le Karabakh est à nous, il restera à nous."
Des images partagées sur les médias sociaux ont montré que la police intervenait dans la manifestation à Tabriz à l'aide de balles en caoutchouc.
La Police, qui a également pris d'importantes mesures de sécurité dans les villes d'Erdebil et d'Urumiye, n'a pas permis aux manifestants de se rassembler et de défiler.
- Réaction du gouvernement aux déclarations des imams vendredi sur le Karabakh
Quatre des imams du vendredi, représentants du dirigeant du pays Khamenei, ont publié une déclaration commune selon laquelle ils assurent que " le Haut-Karabakh est sous occupation et devrait être restitué à l'Azerbaïdjan."
Le porte-parole du gouvernement iranien, Rebii, a déclaré que les déclarations des quatre imams du vendredi ne représentent que les vues des religieux, et que la position officielle du pays sur la question est déterminée par les déclarations du ministère des Affaires étrangères.
- "Combattants étrangers"
"La Turquie a transféré certains groupes armés de Syrie en Azerbaïdjan", une affirmation sans fondement circulait sur les réseaux sociaux en Iran.
"Nous ne pouvons pas accepter que des terroristes soit placés vers notre frontière sous un prétexte quelconque", a déclaré le président iranien Hassan Rouhani aux journalistes après la réunion du cabinet d'aujourd'hui. Nous avons mis en garde nos voisins à ce sujet", a-t-il assuré.