Mounir Bennour
30 Mars 2021•Mise à jour: 31 Mars 2021
AA / Jérusalem
Le président israélien Reuven Rivlin lancera lundi prochain des consultations avec les dirigeants des partis vainqueurs des élections, afin de désigner le député qui aura la charge de former le prochain gouvernement.
Les consultations coïncideront avec la reprise des auditions des témoins par la Cour centrale israélienne de Jérusalem-Est, dans les affaires de corruption impliquant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Il est probable que Netanyahu soit la première personnalité à rencontrer le président israélien lundi prochain, en sa qualité de chef du plus grand parti de la Knesset, le Likoud.
Le tribunal central israélien, qui se réunit le même jour, n'a pas obligé Netanyahu à assister aux auditions, après la comparution de ce dernier le 8 février, pour nier les charges retenues contre lui.
Le bureau du président israélien a déclaré, lundi soir, que la présidence israélienne a envoyé des messages officiels aux représentants des partis élus à la Knesset, les informant que Rivlin tiendra une série de consultations avec eux à partir de lundi prochain, et que la tâche de former le gouvernement sera confiée à l'un des candidats dans la journée du mercredi.
Et d’ajouter dans un communiqué écrit, examiné par l’Agence Anadolu : "A la fin du cycle de consultations, et si nécessaire, le président tiendra de nouveaux entretiens avec les candidats concernés pour former un gouvernement conformément aux recommandations des partis".
"Comme cela s'est produit, pour la première fois, lors des élections de 2019, le président a donné des instructions pour que ses réunions avec les différentes parties soient retransmises en direct sur tous les médias, afin de rendre le processus transparent pour tous les citoyens israéliens", a-t-il poursuivi.
Le président israélien entendra les représentants des 13 partis qui ont remporté les suffrages, et leurs recommandations concernant le député qui sera chargé de former le nouveau gouvernement.
Jusqu'à présent, les prétendants au poste sont le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti d'opposition centriste "Il y a un futur" (Yesh Atid), Yair Lapid.
Les résultats des élections indiquent que Netanyahu et Lapid ne disposent pas d’une majorité de 61 voix nécessaires pour former un gouvernement qui gagnerait la confiance de la Knesset.
Selon la loi israélienne, la personne chargée de former un gouvernement se voit accorder un délai de 28 jours, qui peut être prolongé de 14 jours supplémentaires. En cas d'échec, une autre personne sera affectée à cette mission, qu'elle devra aussi accomplir dans un délai de 28 jours.
Selon la loi israélienne, au cas où le deuxième responsable échouerait aussi dans sa mission, le président israélien renverra la question devant la Knesset israélienne, qui désigne alors une personnalité capable d’acquérir la confiance de 61 députés pour former un gouvernement, ou, à défaut, se dissout pour fixer une nouvelle date pour des élections.
De nombreux experts estiment qu’un cinquième tour des élections, dans un délai de deux ans, demeure envisageable dans les circonstances actuelles.
Le Premier ministre israélien Netanyahu fait face à des accusations de corruption, de fraude et d'abus de confiance, selon un acte d'accusation soumis par le conseiller juridique du gouvernement israélien, Avichaï Mandelblit, contre lui au début de l’année 2020.
La première audition du procès de Netanyahu a eu lieu le 24 mai 2020 et a repris le 8 février. La nouvelle date pour la reprise du procès a été fixée pour la journée du lundi prochain.
La loi israélienne n'oblige pas Netanyahu à démissionner de son poste, à moins qu'il ne soit condamné par la Cour suprême israélienne, un processus qui pourrait durer plusieurs mois.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.