Mourad Belhaj
22 Août 2020•Mise à jour: 22 Août 2020
AA / Téhéran
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, se rendra lundi à Téhéran, pour sa première visite dans le pays depuis son entrée en fonction en décembre.
Grossi s'entretiendra avec les autorités gouvernementales du pays sur la coopération entre les deux parties et l'accès des inspecteurs de l'AIEA aux sites nucléaires, selon un communiqué publié samedi par cette organisation.
"J'ai décidé de me rendre personnellement à Téhéran afin de réaffirmer l'importance de la coopération et de la mise en œuvre intégrale de toutes les garanties et obligations convenues avec l'AIEA", a déclaré Grossi.
L'objectif de la visite, a-t-il souligné, est de faire "des progrès" dans le traitement des "questions en suspens" que l'AIEA a avec l'Iran, notamment la question de "l'accès" aux sites nucléaires.
Ces derniers mois, le Directeur général de l'AIEA a publié des déclarations fortes, appelant Téhéran à autoriser les inspecteurs de l'agence à accéder à deux sites nucléaires iraniens. Ces déclarations n'ont pas été bien accueillies par Téhéran.
Dans son premier discours devant le conseil des gouverneurs de l'AIEA en mars, Grossi avait appelé l'Iran à " coopérer pleinement et sans délai " avec l'agence nucléaire et à permettre l'accès aux inspecteurs.
En juin, il a déclaré aux journalistes à Vienne que l'Iran "n'a pas engagé de discussions de fond pour répondre à nos questions concernant d'éventuelles matières nucléaires non déclarées ou des activités liées au nucléaire".
Le mois dernier, le directeur général de l'agence onusienne a averti que "les choses iront mal" pour l'Iran si les inspecteurs de l'AIEA se voyaient refuser l'accès aux sites nucléaires, et a déclaré qu'il était "absolument nécessaire pour nous que cette question soit rapidement résolue".
L'Iran a jusqu'à présent refusé l'accès aux deux sites nucléaires, soutenant que l'AIEA n'avait aucune base légale pour les inspecter, puisque les activités sur les sites datent du début des années 2000.
Le ministre iranien des affaires étrangères, Javad Zarif, avait auparavant critiqué les pays européens pour avoir adopté un projet de résolution visant à pousser à l'inspection des deux sites nucléaires en question.
Le représentant de l'Iran à l'AIEA, Kazzem Gharibabadi, a déclaré qu'"aucun pays n'ouvrira son territoire aux inspections" sur la base d'allégations émanant de ses "ennemis".
Gharibabadi a confirmé, samedi, la prochaine visite du directeur général de l'AIEA, précisant qu'elle faisait suite à une invitation du gouvernement iranien.
Cette visite intervient alors que l'incertitude plane sur l'accord nucléaire iranien de 2015 (PAGC), suite à la pression américaine pour rétablir toutes les sanctions internationales sur Téhéran en déclenchant le mécanisme de Snapback prévu par l'accord.
Il est probable que l'Iran se retire de l'accord et mette fin à sa coopération avec l'AIEA, notamment en quittant le traité de non-prolifération (TNP), si les sanctions d'avant 2015 sont rétablies.
Selon des responsables iraniens, la question devrait figurer en bonne place dans les discussions entre le directeur général de l'AIEA et les représentants du gouvernement iranien.
*Traduit de l’anglais par Mourad Belhaj