Mourad Belhaj
01 Janvier 2021•Mise à jour: 01 Janvier 2021
AA / Téhéran
L'ayatollah Mesbah Yazdi, un religieux iranien de haut rang, est mort vendredi soir à Téhéran des suites d'une brève maladie. Il avait 86 ans.
Yazdi, qui était le chef spirituel d'un puissant front politique conservateur en Iran, a été hospitalisé il y a quelques semaines pour une maladie gastro-intestinale, selon les médias locaux.
Sa mort est considérée comme un grand revers pour les forces politiques conservatrices en Iran, qui ont fait récemment un retour en force, surtout après les dernières élections parlementaires.
Le religieux octogénaire était un proche collaborateur du guide suprême iranien Ali Khamenei et a même été pressenti pour lui succéder.
Au cours de sa carrière mouvementée de religieux et de théoricien politique, Yazdi a été membre de l'Assemblée des experts, le puissant organe chargé de nommer le guide suprême.
Il était souvent considéré comme "le religieux le plus puissant" dans le principal centre d'enseignement religieux d'Iran, dans la ville centrale de Qom. Il a exercé une influence considérable sur la société des professeurs universitaires de Qom.
Yazdi a également été président du Conseil suprême de l'Assemblée mondiale d'Ahlulbayt, une organisation soutenue par l'Iran, chargée de la sensibilisation à la religion et présente dans différentes parties du monde.
En 2011, certains de ses disciples ont fondé une organisation politique conservatrice sous la bannière de Jebyeh Paydari (Front de stabilité de la révolution islamique), qui demeure une force politique influente dans le pays.
Bien qu'il ne se soit pas impliqué directement dans la politique générale, Yazdi a eu une forte influence politique et a également été critiqué pour certaines de ses positions politiques.
Au milieu de l'année 2000, lorsque Mahmoud Ahmedinejad s'est présenté à la présidence, Yazdi était l'un de ses plus fervents partisans. Beaucoup pensent que c'est son soutien qui a permis à Ahmedinejad de l'emporter sur son principal adversaire, Hashemi Rafsanjani, lors des élections de 2005.
De nombreuses personnalités politiques et religieuses de premier plan lui ont rendu hommage, notamment le président Hassan Rouhani, le président du Parlement Baqer Qalibaf et l'ancien président du Parlement Ali Larijani.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj