Yassine Aydi
13 Juin 2022•Mise à jour: 13 Juin 2022
AA / Raed Al-Hamed
Le président du Parlement irakien, Mohammed al-Halbousi, a accepté, dimanche, la démission du bloc sadriste du Parlement.
L'agence de presse officielle irakienne (INA) a déclaré qu'al-Halbousi avait accepté la démission de 73 parlementaires appartenant au bloc sadriste, sur les 329 que compte le Parlement.
Elle a ajouté que le leader du mouvement sadriste, Moqtada al-Sadr, a ordonné aux membres de son bloc, plus tôt dans la journée de dimanche, de présenter leurs démissions à la présidence du parlement, en raison du blocage politique lié à la formation du gouvernement.
La décision d'Al-Sadr intervient moins d'un mois après avoir annoncé qu'il abandonnait les efforts pour former le nouveau gouvernement et passait à l'opposition pour une période de 30 jours (se terminant le 15 juin), dans une démarche qui pourrait conduire à la dissolution du parlement et à organiser des élections anticipées.
Les Irakiens peuvent dissoudre le Parlement si un tiers des députés (110 membres) soumettent une demande de dissolution au président du Parlement, Al-Halbousi, ou une demande soumise par le Premier ministre, Mustafa Al-Kazemi, avec l'approbation du président de la République, Barham Salih, soumise à la Chambre des représentants pour qu'elle se prononce, dans les deux cas avec l'approbation de la majorité absolue, soit deux tiers des membres du Parlement (210 députés).
L'Irak traverse une crise politique depuis plus de 7 mois, en raison de fortes divergences sur la formation du nouveau gouvernement opposant le bloc sadriste, arrivé en tête avec 73 députés, et les partis politiques représentés dans ce qui est connu comme le "cadre de coordination" rival de ce bloc.
Les forces du cadre de coordination cherchent à former un gouvernement consensuel selon le principe des quotas politiques, tandis qu'Al-Sadr cherche à former un gouvernement de "majorité nationale" avec ses deux alliés au sein de la "Coalition pour sauver la nation", le PDK de Netchirvan Barzani, et les Arabes sunnites représentés dans "l'Alliance pour la souveraineté".
L'Irak connaît une situation de clivage politique, en raison des divergences entre les forces sorties victorieuses des élections législatives du 10 octobre, concernant le prochain premier ministre et la manière de former un gouvernement.
Al-Sadr veut former un gouvernement de majorité nationale en en excluant certaines forces, notamment la coalition de "État de droit" dirigée par l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki.
C'est ce à quoi s'opposent les forces chiites au sein du "cadre de coordination" (proche de l'Iran), qui exige un gouvernement consensuel auquel participent toutes les forces politiques du Parlement, à l'instar des précédentes législatures.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj