Mourad Belhaj
01 Novembre 2019•Mise à jour: 01 Novembre 2019
AA – Irak – Amir Saadi
L'ayatollah Ali Al-Sistani a rejeté toute forme d'ingérence étrangère dans les manifestations en cours en Irak. Il a, par ailleurs, condamné le recours à la violence injustifiée contre les manifestants.
Dans le prêche du vendredi, récité par son représentant Sayyed Ahmad Al-Sadi, à Karbala, Al-Sistani a insisté qu' "aucun individu, ni groupe ou acteur régional ou international n'a le droit de s'approprier la volonté des Irakiens ou de leur imposer la sienne".
L'ayatollah a appelé les autorités irakiennes "à ne pas opposer les forces armées, quelles qu'elles soient, aux manifestants et de ne pas permettre un glissement vers un conflit interne".
"L'autorité religieuse réitère sa position condamnant toute forme de violence injustifiée contre les manifestants pacifiques et l'obligation de sanctionner les responsables", a-t-il indiqué.
Depuis vendredi dernier, l'Irak connait une vague de manifestations contre le gouvernement en place, la deuxième en ce mois d'octobre, après une première manifestation il y a deux semaines.
Des actes de violence ont émaillé les manifestations. Le bilan fait état d'au moins 250 morts et des milliers de blessés, lors d'affrontements opposant les manifestants aux forces de l'ordre et aux groupes chiites armés proches de l'Iran.
Au départ, les manifestants réclamaient l'amélioration des services publics, la création d'opportunités de travail et la lutte contre la corruption. Après le recours à la violence excessive par l'armée et les sécuritaires, le seuil des revendications s'est élevé. Malgré les promesses de punir les auteurs des actes de violences, les manifestants tiennent à la chute du gouvernement.
Alors que le gouvernement d'Adel Abdel-Mehdi a adopté plusieurs programmes de réforme, dans plusieurs secteurs, depuis le début des manifestations, les manifestants demeurent insatisfaits et insistent à le faire chuter.
Le pays connait, désormais, un mécontentement contre la gestion des manifestations par le gouvernement. Certains observateurs estiment que cette nouvelle vague de protestations constitue une pression supplémentaire sur le gouvernement Abdel-Mehdi et pourrait conduire à sa chute.