Wejden Jlassi
10 Janvier 2021•Mise à jour: 10 Janvier 2021
AA/Baghdad
Un policier a été tué et 5 personnes ont été blessées, lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre au centre de la ville de Nassiriya, dans le sud de l'Irak, rapportent une source sécuritaire et des témoins oculaires, dimanche, à l'Agence Anadolu.
Face aux violences et heurts qui ont émaillé ces manifestations, qui se poursuivent pour le troisième jour consécutif, plusieurs policiers ont été déployés à Nassiriya.
Un capitaine de la police de la province de Dhi Qar, ayant requis l'anonymat, a déclaré à l'Agence Anadolu, qu'un policier a été mortellement touché par balle lors d'affrontements avec des manifestants près de la place Al-Haboubi, dans le centre de Nassiriya.
Il a ajouté que l'origine de la balle logée dans le corps du policier est toujours inconnue, indiquant qu'une poignée des membres de l'unité antiémeute ont tenté de rouvrir les routes bloquées par les manifestants.
La même source a souligné que les forces de sécurité ont tiré des bombes lacrymogènes, des balles en caoutchouc, ainsi que des balles réelles en l'air pour disperser les manifestants, tandis que ces derniers ripostaient par des jets de pierres et des cocktails Molotov.
Trois témoins oculaires ont affirmé à l'Agence Anadolu que 5 manifestants ont été blessés et étouffés par le gaz lacrymogène lors d'affrontements avec les forces de sécurité, deux d'entre eux ont été grièvement blessés par les balles en caoutchouc.
Des manifestants en colère ont bloqué la plupart des artères principales de Nassiriya, rapportent les témoins.
Il est à noter que des manifestations ont éclaté à Nassiriya, vendredi, à la suite de l'arrestation du militant du mouvement populaire Ihsan Al-Hilali, mardi.
La source sécuritaire de la police de Dhi Qar a précisé que les autorités ont libéré aujourd'hui (dimanche) 13 manifestants, dont Al-Hilali, en attendant la libération des autres protestataires après l'achèvement de l'enquête.
Dans un communiqué rendu public samedi, la Commission des droits de l'Homme au Parlement irakien, a fait savoir que 30 manifestants ont été arrêtés et 43 personnes ont été blessées dont des policiers. La Commission a également signalé deux assassinats en deux jours sans dévoiler l'identité des victimes ni celles des assassins.
L’Irak est, depuis octobre 2019, le théâtre de manifestations de grande envergure ayant entraîné la chute du gouvernement de Adel Abdel Mahdi.
Le mouvement de protestation se poursuit encore à un degré moindre, pour faire pression sur l'actuel Premier ministre, Mustafa Al-Kazemi, dans l'objectif de poursuivre les assassins des manifestants en justice, mener à bien les réformes, organiser des élections impartiales et lutter contre la corruption.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi