AA / Ahmed Mahmoud
L’organisation Human Rights Watch a accusé les autorités jordaniennes de «transgression de ses engagements internationaux», lundi, pour avoir expulsé des réfugiés syriens, ce que le porte-parole du gouvernement a catégoriquement nié.
Cette accusation est parue dans le rapport de l’ONG internationale, publié lundi sur son site électronique et intitulé «Jordanie : Des réfugiés vulnérables renvoyés de force en Syrie… Mettez un terme aux expulsions et investiguez sur les tirs d’armes à feu».
L’organisation a considéré que l’expulsion de réfugiés est contre le principe de non-refoulement qui stipule qu'aucun Etat ne doit refouler de quelque manière que ce soit un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté peuvent être menacée.
Le rapport indique qu'un groupe de 12 réfugiés syriens qui recevaient des soins dans un centre de rééducation dans le nord de la Jordanie a été expulsé ainsi que quatre autres personnes, dont trois enfants, que la police frontalière jordanienne a interpellées près de la frontière syrienne.
HRW a cité dans son rapport un des réfugiés qui a affirmé que la police frontalière a tiré sur deux de ses enfants (14 et 17 ans) et deux de ses cousins, tous deux âgés de moins de 18 ans ainsi que sur un proche (20 ans) parce qu’ils étaient à bord de motos près de la frontière syrienne dans la soirée du 14 novembre 2014. Tous ces réfugiés sont enregistrés auprès du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Le jeune de 17 ans a été touché à la jambe droite et est en train de recevoir des soins en Jordanie, alors que les quatre autres ont été refoulés en Syriealors qu'une partie de la famille des enfants est restée en Jordanie.
L’organisation a appelé les responsables jordaniens à mener une enquête sur les tirs et , en cas de transgression, punir les officiers qui ont abusé de l’usage de la force.
Le 16 septembre dernier, les autorités jordaniennes ont expulsé 12 Syriens réfugiés, diplômés pour la plupart, venus recevoir des soins dans le centre de rééducation de «Dar Karama» dans le nord de la ville de Ramtha.
De son côté, le gouvernement jordanien a affirmé que le centre de rééducation a été fermé parce qu’il n’était pas autorisé par le ministère de la Santé et que les employés du centre n’ont reçu aucun permis d’exercer en Jordanie.
Le porte-parole du gouvernement a nié que son pays ait refoulé des réfugiés en Syrie, et a expliqué qu’ils «ont été transportés dans d’autres hôpitaux pour recevoir les soins nécessaires de la part de médecins praticiens », sans avancer de détails sur l’endroit.
L’organisation a demandé à la Jordanie de faciliter le retour des réfugiés expulsés qui le souhaitent, notamment les enfants qui veulent retrouver leurs familles .
Il y a plus de 1.3 million de Syriens en Jordanie, dont 600 mille réfugiés enregistrés auprès du HCR.