Mourad Belhaj
10 Novembre 2020•Mise à jour: 12 Novembre 2020
AA / Ankara
La Chine a condamné, mardi, ce qu'elle a qualifié d'ingérence dans ses "questions internes", après que les États-Unis aient imposé des sanctions à quatre responsables chinois en rapport avec la loi de sécurité nationale récemment adoptée à Hong Kong.
"Le but de la loi de sécurité nationale est de protéger la grande majorité des habitants de Hong Kong qui respectent la loi... La sanction américaine contre quatre responsables chinois de Hong Kong est une ingérence flagrante dans les affaires internes de la Chine, qui viole gravement le droit international et les principes fondamentaux des relations internationales", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Wang Wenbin, lors d'une conférence de presse tenue dans la capitale, Pékin.
Washington a imposé, lundi, des sanctions contre quatre responsables de l'administration et de la sécurité de Hong Kong, en raison de leur rôle présumé dans la répression du mouvement dissident dans la région semi-autonome.
L’entrée en vigueur, en juillet dernier, de la nouvelle loi qui, selon Pékin, vise à lutter contre les troubles et l'instabilité, a suscité de nombreuses critiques.
"Le gouvernement central soutient fermement le gouvernement de Hong Kong dans l'accomplissement de ses devoirs conformément à la loi", a déclaré Wang, en condamnant les sanctions, selon le journal d'État Global Times.
Les quatre responsables chinois sanctionnés par le Département d'État américain sont Deng Zhonghua, le directeur adjoint du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, Edwina Lau, la commissaire adjointe de la police de Hong Kong, ainsi que Li Jiangzhou et Li Kwai-wah, deux responsables du nouveau bureau de la sécurité nationale à Hong Kong.
Les responsables de l'ancienne colonie britannique ont toutefois affirmé qu'ils "continueront à défendre Hong Kong et à sauvegarder la sécurité nationale de la Chine". Le secrétaire en chef de Hong Kong, Matthew Cheung, a déclaré que les sanctions étaient "inacceptables" et "barbares".
Les tensions entre les deux plus grandes économies du monde se sont aggravées après l'adoption de la loi controversée, les violations présumées des Droits de l'Homme par Pékin et les attaques politiques sur l'origine du coronavirus.
- Le Canada et les États-Unis "abusent des procédures légales".
Le porte-parole chinois a déclaré que les États-Unis et le Canada "abusent des procédures légales" en interrogeant "illégalement" la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou.
"Meng Wanzhou est détenue de façon injustifiée depuis plus de 700 jours", a-t-il déclaré, ajoutant : "Le Canada devrait examiner la raison fondamentale de ce problème, car de nouvelles preuves montrent que les États-Unis et le Canada ont abusé des procédures légales et ont interrogé Meng de manière illégale".
"Le Canada refuse de divulguer au public des preuves clés qui indiquent la nature politique de l'affaire", a déclaré le diplomate.
Meng, 48 ans, est accusée d'avoir fait des affaires en violation des sanctions américaines contre l'Iran. Elle est recherchée aux États-Unis et est assignée à résidence à Vancouver dans le cadre d'une affaire d'extorsion.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj