Lassaad Ben Ahmed
30 Mars 2022•Mise à jour: 01 Avril 2022
AA - Kinshasa - Pascal Mulegwa
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit “profondément attristé” par la mort de huit Casques bleus dans un accident d'hélicoptère survenu, mardi, dans une zone des combats dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
“Le secrétaire général a été profondément attristé de confirmer la mort de huit Casques bleus à bord d'un hélicoptère Puma qui s'est écrasé dans la province du Nord-Kivu en RDC”, a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans un communiqué.
L'hélicoptère était en mission de reconnaissance à Cyanzu, où des affrontements entre le groupe rebelle du Mouvement du 23 mars (M23) et l'armée congolaise ces derniers jours, ont été signalés, ajoutant qu'une enquête était en cours.
António Guterres a exprimé ses sincères condoléances aux familles endeuillées et aux gouvernements du Pakistan, de Russie et de Serbie, les pays d'origine des casques bleus.
“Les corps ont été trouvés et ramenés à Goma”, selon le porte-parole, précisant que 6 Casques bleus étaient de nationalité pakistanaise, un de la Russie et un autre de la Serbie.
Le chef de l’ONU s’est également dit “profondément préoccupé par la résurgence des activités du M23 dans la zone frontalière entre le Rwanda, la RDC et l'Ouganda et l'impact continu de la violence impliquant des groupes armés sur les civils”.
Le secrétaire général a “réitéré l'engagement de l'ONU à soutenir le gouvernement et le peuple congolais dans leurs efforts pour ramener la paix et la stabilité dans les provinces orientales du pays”, a ajouté son porte-parole.
L'armée congolaise a déclaré, mardi, que l'hélicoptère de l'ONU avait été abattu par des rebelles du M23, ce qui n'a pas encore été confirmé par les Nations Unies.
L’armée congolaise était la première à accuser le M23 d’avoir abattu l’hélicoptère qui survolait la localité de Cyanzu près de la frontière avec l’Ouganda. En réaction, le M23 a indiqué dans un communiqué que “les tirs de mortier 122 kilomètres multiple rocket Launcher System (BM) ont été lancés à partir du camp militaire de Rumangabo” de l’armée congolaise.
Dans le même communiqué, le M23 a appelé les Nations Unies à “diligenter rapidement une enquête pour faire la lumière” sur ce drame.
L’Union Européenne (UE) a appelé dans un communiqué, à la « reddition immédiate et inconditionnelle » du M23. Elle a demandé à tous les pays de la région de « coopérer pour le rétablissement de la paix dans cette zone ».
L’UE a également invité les autorités congolaises et les forces de sécurité nationales et internationales à “renforcer la protection des populations civiles”.
Des milliers de congolais fuyant les combats entre l’armée et les rebelles du M23 ont été accueillis, mardi en Ouganda, a indiqué La Croix-Rouge.
Également appelé "Armée révolutionnaire congolaise", le M23 est une ancienne rébellion de Congolais tutsi soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, qui avait été défaite en 2013. Ce mouvement est accusé depuis octobre dernier d'attaquer des positions de l'armée.
Le mouvement avait pris le contrôle de la ville de Goma, chef-lieu du Nord - Kivu en 2012 avant d’être militairement défait en 2013 par l’armée appuyée par les casques bleus de l’ONU.
Plus d’un millier de combattants M23 s'étaient retranchés au Rwanda et en Ouganda d’où ils revendiquent le respect des accords de Nairobi consacrant la réintégration dans la vie civile pour certains combattants et l’intégration dans l’armée pour d’autres. Le M23 accuse Kinshasa de ne pas respecter ses engagements.